"Tourpilles", le recueil de citationsBanque"Un dépôt est une contribution charitable à l'avenir de votre banque." Ambrose Gwinett Bierce - 1842-1914 "Ce qui est en jeu, aujourd'hui, c'est la reconquête de la démocratie contre la technocratie : il faut en finir avec la tyrannie des "experts", style Banque mondiale ou F.M.I., qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Léviathan (les "marchés financiers"), et qui n'entendent pas négocier mais "expliquer" ; il faut rompre avec la nouvelle foi en l'inévitabilité historique que professent les théoriciens du libéralisme ; il faut inventer les nouvelles formes d'un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment (ce peut être la tache des experts), mais pour les combattre et, le cas échéant, les neutraliser." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Discours aux cheminots grévistes, Paris, Gare de Lyon, 12 décembre 1995 "L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer (et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a "civilisé" l'économie de marché, tout en continuant grandement à son inefficacité). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire (déjà très avancée) et d'une Europe militaire (conséquence probable de l'intervention au Kosovo), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Contre-feux 2, 2001 "En matière financière, il faudrait réaffirmer le droit et la responsabilité du gouvernement à prendre le contrôle des établissements qui posent problèmes, établir un état réel des lieux de leurs difficultés, renvoyer les dirigeants fautifs, etc. Au lieu de cela, les grandes banques conservent leur influence sur l'Etat pour éviter de payer le prix de la crise, avec le résultat qu'elles survivent mais restent éminemment toxiques, préparant de nouvelles crises pour demain." John Kenneth Galbraith - Article Trop loin de Roosevelt, Alternatives économique, n°282 juillet-août 2009 "Aujourd'hui, le milieu des banquiers-traders-casino-Davos ne se fait guère remarquer par sa compassion pour les opprimés, mais, contrairement à ce qui se passait à l'âge d'or des barons voleurs, ses déficiences à cet égard sont compensées par l'intérêt constant que porte à ces mêmes opprimés une vaste bureaucratie internationale. A en juger par les recherches, publications, conférences et exhortations, cette attention scientifique est même extrême : le monde est devenu richissime en connaissance sur les pauvres." Susan George - Leurs crises, nos solutions - 2010, Page 107 "Mais comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes [sociales de la Résistance] alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ? Sinon parce que le pouvoir de l'argent, tellement combattu par la Résistance, n'a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat. Les banques désormais privatisées se montrent d'abord soucieuses de leurs dividendes, et des très hauts salaires de leurs dirigeants, pas de l'intérêt général." Stéphane Hessel - né en 1917 - Indignez-vous ! - 2010, page 11 "Depuis de nombreuses générations ils [les humains] savaient que, pour créer de la richesse, il faut des idées, du travail et des outils; des paraphes sur des documents imprimés peuvent tout au plus déplacer les richesses, non les créer. Les clients des banques ont été semblables aux publics naïfs qui, dans les foires, sont séduits par les promesses des bonimenteurs. Ils ont confié leur fortune à des financiers, ceux-ci l'ont convertie en prêts qui ne seront jamais remboursés." Albert Jacquard - né en 1925 - Le compte à rebours a-t-il commencé ? - 2009, page 93 "La privatisation du rail imposée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international au nom de la libre concurrence s'est d'ores et déjà traduite par l'atrophie du transport ferroviaire dans pratiquement toute l'Amérique du Sud." Raoul Marc Jennar et Laurence Kalafatides - L'AGCS : Quand les Etats abdiquent face aux multinationales - 2007 - Page 112 "Il y a longtemps que le vrai pouvoir n'est plus dans les urnes. Il plane bien au-dessus d'elles, dans nos institutions dont les membres ne sont pas éligibles : notre FMI, notre OCDE, notre OMC, notre banque mondiale, qui mènent la vraie marche de la planète. Les démocraties sont de belles coquilles vides." Michel Piquemal - Le Prophète du libéralisme [satire] - Page 95 - 2005 "Les banques coopératives européennes constituent dans les périodes de turbulences et d'insécurité que traversent actuellement les marchés financiers un havre de sécurité !" Christopher Pleister - cité dans "Une autre façon d'entreprendre. Entretiens coopératifs" - 2010 - Page 39 "Nous avons dû lutter contre les vieux ennemies de la paix : le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l'antagonisme de classe [...] Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des Etats-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu'il est tout aussi dangereux d'être gouverné par l'argent organisé que par le crime organisé." Franklin D. Roosevelt - 1882-1944 - Discours du 31 octobre 1936 "Si vous voyez un banquier sauter par la fenêtre, n'hésitez pas. Sautez derrière lui ; vous pouvez être sûr qu'il y a quelques profits à prendre." Voltaire - 1694-1778 "Face à la crise financière qui, partie des Etats-Unis en août 2007, contamine la planète et l'économie entière, les détenteurs de gros patrimoines se tournent vers…l'Etat. Pour qu'il injecte des liquidités et éponge les dettes, et qu'il garantisse la pérennité des banques comme l'anglaise Northern Rock. Mais dès qu'il s'agit de réparer les dégâts sociaux, l'Etat-providence disparaît. Comme au XIXe siècle, les "barons voleurs", grâce à leurs appuis politiques, s'en sortent bien." Howard Zinn - Au temps des "barons voleurs" - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008 "La France n'a pas besoin de plus ou de moins de concurrence. Elle a besoin de plus de concurrence entre ceux qui sont devenus trop forts et qui abusent de cette force - grande distribution, banques, assurance, gros monopoles privés ou publics de l'eau ou de l'énergie." Ouvrage collectif - L'homme et le marché - 2006 |