"Tourpilles", le recueil de citationsConsommationPage 2 / 2"L'élévation du niveau de vie des classes inférieures, considérable sur le plan matériel et insignifiante sur le plan social, se reflète dans ce qu'on appelle hypocritement la diffusion de l'esprit [...]. Mais l'esprit ne peut survivre lorsqu'il est défini comme un bien culturel et distribué à des fins de consommation. La marée d'information précise et d'amusements domestiqués rend les hommes plus ingénieux en même temps qu'elle les abêtit." Max Horkheimer & Théodor Adorno - La Dialectique de la raison - 1983 "Sur une planète dont les dimensions et les richesses sont finies, tout processus exponentiel ne peut qu'être éphémère. La croissance de la consommation est en réalité l'équivalent d'une drogue ; la première dose crée l'euphorie mais les suivantes mènent inévitablement à la catastrophe. Prétendre résoudre un problème, par exemple le chômage, par la croissance, s'est s'enfoncer délibérément dans une impasse." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers répandent leurs drogues." Albert Jacquard - né en 1925 - Le compte à rebours a-t-il commencé ? - 2009, page 107 "La proposition de baisse de la consommation matérielle peut sembler provocante dans le bain idéologique dans lequel nous sommes plongés. Mais, aujourd'hui, l'augmentation de la consommation matérielle globale n'est plus associée à une augmentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être. Une civilisation choisissant la réduction de la consommation matérielle verra par ailleurs s'ouvrir la porte d'autres politiques. Outillée par le transfert de richesses que permettra la réduction des inégalités, elle pourra stimuler les activités humaines socialement utiles et à faible impact écologique. Santé, éducation, transports, énergie, agriculture sont autant de domaines où les besoins sociaux sont grands et les possibilités d'action importantes. Il s'agit de renouveler l'économie par l'idée de l'utilité humaine plutôt que la satisfaction individuelle. Face à la crise écologique, il nous faut consommer moins pour répartir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls." Hervé Kempf - Comment les riches détruisent le monde - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008 "Emerveiller pour séduire, rien de plus facile avec la cible idéale des chercheurs en marketing, à savoir : les enfants - on parle de psychoséduction infantile. L'un de ces experts, M. Clyde Miller, explique l'importance de s'adresser spécifiquement à eux : "Cela prend du temps, oui, mais, si vous comptez rester dans les affaires assez longtemps, songez à ce que cela peut signifier de profits pour votre firme si vous pouvez conditionner un million ou dix millions d'enfants qui seront un jour des adultes dressés à acheter votre produit comme les soldats sont dressés à avancer quand ils entendent commander : "En avant, marche !"" Pour fidéliser ces nouveaux clients, l'idée a été d'intégrer, au sein du magasin, des jeux, des participations ludiques. De manière à inscrire dans leur mémoire émotionnelle cette atmosphère joyeuse qu'ils essaieront, une fois adultes, de revivre en consommant. Cinquante ans plus tard, ces pratiques font les beaux jours d'Ikea ou encore de McDonald's." Frank Mazoyer - Consommateurs sous influence : l'irrésistible perversion du besoin, Le Monde diplomatique, décembre 2000 "L'hypocrisie consiste à ne s'intéresser qu'au taux de croissance de la consommation sans jamais regarder la manière dont celui-ci se décompose entre les différentes catégories de la population, entre les différentes sortes de besoins. S'il s'avérait que ce sont les désirs d'une minorité qui guide la production, pourrait-on alors vraiment dire que celle-ci est une production socialement utile ?" Dominique Méda - Qu'est-ce que la richesse ? - 1999 "... les Américains sont de plus en frustrés dans leur rapport à la consommation : ils ne cessent de désirer davantage, on ne cesse de leur présenter des produits qu'il faut absolument posséder, mais il y a là un cercle infernal, une souffrance du désir toujours renouvelé d'avoir à acquérir des produits toujours nouveaux." Dominique Méda - Qu'est-ce que la richesse ? - 1999 "N’est-il pas temps de reconnaître que nous avons touché la Terre promise et que nous devrions chercher à y rester ? Pourquoi voudrions-nous la quitter pour explorer un désert souillé par une frénésie de consommation suivie d’un effondrement écologique ? Pour les gouvernements du monde riche, la politique raisonnable à mener désormais n’est-elle pas de maintenir des taux de croissance aussi proches de zéro que possible ? Mais, parce que le discours politique est contrôlé par des gens pour qui l’accumulation d’argent est la principale finalité, une telle politique semble impossible." George Monbiot - The Guardian, repris dans Courrier International du 2 au 9 janvier 2008 "Si l'homme et la femme sont heureux, ils ne consomment pas. C'est la frustration qui est la base du désir de consommation. Aussi, faut-il leur offrir d'inaccessibles modèles de beauté et de richesse, afin que la frustration les mène sur le chemin des achats." Michel Piquemal - Le Prophète du libéralisme - 2005 "Le PIB (produit intérieur brut dont les économistes scrutent le taux de croissance est en réalité un piètre indicateur du niveau de vie. Il ne mesure en effet que les revenus et les consommations qui donnent lieu à des paiements officiels. Il ignore tout ce qui contribue "gratuitement" au niveau de vie, comme la qualité de l'air ou le climat social. Il augmente d'autant plus que l'activité augmente, même si cette activité vise à réparer une dégradation de la qualité de vie (dépenses de sécurité, de dépollution, de reconstruction. Ce n'est donc pas un indicateur de niveau de vie, mais plutôt un indicateur d'activité économique." Ouvrage collectif - L'homme et le marché - 2006 Accueil Citations Haut de page |