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"Tourpilles", le recueil de citations


Crise



"Les difficultés s'accumulent sur la société française. Précarisées, menacées de déclassement, confrontées au "descenseur social", les classes moyennes et les classes populaires vivent d'autant plus difficilement la crise actuelle qu'elles ont été victimes, depuis plus de deux décennies, d'un phénomène d'éviction des centres vers leurs périphéries. La mutation de la répartition des classes sociales laisse apparaître que ce que l'on avait coutume de définir comme des "fractures sociales" sont aussi peut-être des "fractures spatiales"."
Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin - Recherche le peuple désespérément - 2009, page 32

"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça."
Michel Colucci, dit Coluche - 1944-1986 - Extrait du sketch "Le chômeur"

"En raison de la crise économique, les hommes d'affaires qui brassaient des millions ne brassent plus que des milliers.
Marc Escayrol - né en 1957 - Mots et grumots - 2003

"En matière financière, il faudrait réaffirmer le droit et la responsabilité du gouvernement à prendre le contrôle des établissements qui posent problèmes, établir un état réel des lieux de leurs difficultés, renvoyer les dirigeants fautifs, etc. Au lieu de cela, les grandes banques conservent leur influence sur l'Etat pour éviter de payer le prix de la crise, avec le résultat qu'elles survivent mais restent éminemment toxiques, préparant de nouvelles crises pour demain."
John Kenneth Galbraith - Article Trop loin de Roosevelt, Alternatives économique, n°282 juillet-août 2009

"Ceux qui n'étaient en rien responsables de la crise ont été volés deux fois : la première quand on les a privés de la sécurité économique relative que le krach de l'économie-casino a détruite pour plusieurs années ; la seconde quand on a décidé que leurs impôts et ceux des enfants de leurs enfants ne serviraient pas à créer des biens publics et assurer une vie meilleure à tous, mais à restaurer un système pourri jusqu'à la moelle."
Susan George - Leurs crises, nos solutions - 2010, Page 257

"La pensée productiviste, portée par l'Occident, a entraîné le monde dans une crise dont il faut sortir par une rupture radicale avec la fuite en avant du "toujours plus", dans le domaine financier, mais aussi dans le domaine des sciences et des techniques. Il est grand temps que le souci d'éthique, de justice, d'équilibre durable, devienne prévalent. Car les risques les plus graves nous menacent. Ils peuvent mettre un terme à l'aventure humaine sur une planète qu'elle peut rendre inhabitable pour l'homme."
Stéphane Hessel - 1917-2013 - Indignez-vous ! - 2010, page 20

"La proposition de baisse de la consommation matérielle peut sembler provocante dans le bain idéologique dans lequel nous sommes plongés. Mais, aujourd'hui, l'augmentation de la consommation matérielle globale n'est plus associée à une augmentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être. Une civilisation choisissant la réduction de la consommation matérielle verra par ailleurs s'ouvrir la porte d'autres politiques. Outillée par le transfert de richesses que permettra la réduction des inégalités, elle pourra stimuler les activités humaines socialement utiles et à faible impact écologique. Santé, éducation, transports, énergie, agriculture sont autant de domaines où les besoins sociaux sont grands et les possibilités d'action importantes. Il s'agit de renouveler l'économie par l'idée de l'utilité humaine plutôt que la satisfaction individuelle. Face à la crise écologique, il nous faut consommer moins pour répartir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls."
Hervé Kempf - Comment les riches détruisent le monde - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008

"L'extravagante hypothèse conservatrice se trouvait ainsi confirmée : avec une croissance de 2%, parfois déguisée en "crise", tout progrès social serait impossible, voire rendrait "inéluctables" des reculs en série. Cependant, cette croissance qualifiée de "molle", aux alentours de 2%, correspond à la moyenne observée au cours du XXe siècle, hors "trente glorieuses". Un siècle qui ne se priva ni de progrès technique ou humain, ni de bâtir des protections salariales. Désormais, la justice sociale devrait néanmoins patienter, espérer une improbable - et pas vraiment souhaitable - hypercroissance à 4%, 5%, 6%, voire plus."
François Ruffin - Partage des richesses : la question taboue - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008

"Si Sarkozy existe en tant que phénomène social et historique, malgré sa vacuité, sa violence et sa vulgarité, nous devons admettre que l'homme n'est pas parvenu à atteindre le sommet de l'Etat malgré ses déficiences intellectuelles et morales, mais grâce à elles. C'est sa négativité qui a séduit. Respect des forts, mépris des faibles, amour de l'argent, désir d'inégalité, besoin d'agression, désignation de boucs émissaires, dans les banlieues, dans les pays musulmans ou en Afrique noire, vertige narcissique, mise en scène publique de la vie affective et, implicitement, sexuelle : toutes ces dérives travaillent l'ensemble de la société française ; elles ne représentent pas la totalité de la vie sociale, mais sa face noire, elles manifestent de son état de crise et d'angoisse."
Emmanuel Todd - né en 1951 - Après la démocratie - 2008, page 17

"Face à la crise financière qui, partie des Etats-Unis en août 2007, contamine la planète et l'économie entière, les détenteurs de gros patrimoines se tournent vers… l'Etat. Pour qu'il injecte des liquidités et éponge les dettes, et qu'il garantisse la pérennité des banques comme l'anglaise Northern Rock. Mais dès qu'il s'agit de réparer les dégâts sociaux, l'Etat-providence disparaît. Comme au XIXe siècle, les "barons voleurs", grâce à leurs appuis politiques, s'en sortent bien."
Howard Zinn - Au temps des "barons voleurs" - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008

"Vu les promesses non tenues de ce retour libéral dont nous commençons à mieux comprendre les effets pervers, nous pouvons au contraire voir dans la crise boursière de 2000 et la tragédie argentine la démonstration du caractère utopique de la régulation des rapports humains par les seules prétendues lois du marché."
Ouvrage collectif - L'homme et le marché - 2006



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