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"Tourpilles", le recueil de citations


Economie

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"Les puissants sont des hommes qui persuadent. Il est vrai que toutes les affaires humaines supposent consentement ; et c'est ce qui donne force aux extracteurs et fabricateurs, par le refus ; mais cette force négative ne fait rien. Tout travail, dès qu'il n'a pas pour fin la conquête de la subsistance immédiate, est strictement subordonné aux échanges, aux promesses, au crédit. Donc les persuasifs mènent tout, et l'économique dépend de la politique."
Emile Chartier, dit Alain - 1868-1951 - Les idées et les âges - Les Passions et la Sagesse

"L'économie mondiale tout entière repose aujourd'hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile. Jamais dans le passé une pareille accumulation de promesses de payer ne s'était constatée. Jamais sans doute il n'est devenu plus difficile d'y faire face. Jamais sans doute une telle instabilité potentielle n'était apparue avec une telle menace d'un effondrement général."
Maurice Allais - 1911-2010 - La Crise mondiale d'aujourd'hui, 1999

"Que les bourses soient devenues de véritables casinos, où se jouent de gigantesques parties de pocker, ne présenterait guère d'importance après tout, les uns gagnant ce que les autres perdent, si les fluctuations générales des cours n'engendraient pas, par leurs implications, de profondes vagues d'optimisme ou de pessimisme qui influent considérablement sur l'économie réelle. (...). Le système actuel est fondamentalement anti-économique et défavorable à un fonctionnement correct des économies. Il ne peut être avantageux que pour de très petites minorités."
Maurice Allais - 1911-2010 - La Crise mondiale d'aujourd'hui, 1999

"L'économie "pure" se révèle être une para science, aussi éloignée de la science sociale que la parapsychologie l'est de la psychologie. Comme les autres para sciences, elle peut prouver tout et son contraire : "Dis moi ce que tu veux, et je te fabriquerai le modèle qui le justifie"."
Samir Amin - né en 1931 - économiste et directeur du Forum du tiers-monde - in Le Monde Diplomatique, Manière de voir n°72

"La décroissance est d'abord une expression provocante. Elle s'oppose directement au dogme quasi religieux de la croissance. Mais, pour commencer à comprendre le sens de cette provocation, il faut aussitôt affirmer que la décroissance n'est pas une idée économique mais relève d'une représentation du monde où l'économie n'aurait plus le dernier mot."
Jean-Claude Besson-Girard - La décroissance, un nouveau romantisme révolutionnaire - Journal Libération, 2 mars 2007

"L'économie n'est pas la réalité. Elle n'est qu'une réduction monstrueuse de nos existences à un plan comptable. Cette monstruosité cache l'horizon tout entier. L'économie n'a pas de réalité et c'est d'elle dont devrait dépendre nos vies ? Nos vies sont liées au pain que l'on a pétri, que l'on mange, au pain que l'on partage et au champ d’où proviennent les grains. L'économie ne mesure pas les vraies richesses, elle comptabilise nos pertes d'humanité."
Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 82

"On peut et on doit lutter contre l'audimat au nom de la démocratie. Ça paraît presque paradoxal parce que les gens qui défendent l'audimat prétendent qu'il n'y a rien de plus démocratique (c'est l'argument favori des annonceurs et des publicitaires les plus cyniques, relayés par certains sociologues, sans parler des essayistes aux idées courtes, qui identifient la critique des sondages - de l'audimat - à la critique du suffrage universel, qu'il faut laisser aux gens la liberté de juger, de choisir ("ce sont vos préjugés d'intellectuels qui vous portent à considérer tout ça comme méprisables". L'audimat, c'est la sanction du marché, de l'économie, c'est-à-dire d'une légalité externe et purement commerciale, et la soumission aux exigences de cet instrument de marketing est l'exact équivalent en matière de culture de ce qu'est la démagogie orientée par les sondages d'opinion en matière de politique. La télévision régie par l'audimat contribue à faire peser sur le consommateur supposé libre et éclairé les contraintes du marché, qui n'ont rien de l'expression démocratique d'une opinion collective éclairée, rationnelle, d'une raison publique, comme veulent le faire croire les démagogues cyniques."
Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Sur la télévision - 1996, page 77

"[Les travailleurs pauvres] Plusieurs causes expliquent ce phénomène (faiblesse des salaires, essor du temps partiel et fractionnement des emplois), mais un élément structurel majeur le met en perspective : la tertiarisation du prolétariat. En effet, ce nouveau prolétariat des services constitue une immense armée de réserve apparue avec la désindustrialisation de notre pays; ils sont devenus les soutiers de l'économie mondialisée."
Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin - Recherche le peuple désespérément - 2009, page 63

"Il est logique que les réactions les plus sourdes, malhonnêtes, voire haineuses, de la décroissance viennent des rangs des économistes. En invitant à intégrer un paramètre fondamental oublié - la nature -, cette idée vient les prendre à revers. Elle oblige à remettre en cause deux cents ans d'une somme pharaonique de calculs. Surtout, le concept de décroissance conduit inéluctablement à "s'extraire de l'économisme", c'est-à-dire à vouloir replacer l'économie à sa juste place dans l'échelle des valeurs : un moyen."
Vincent Cheynet - né en 1966 - Le choc de la décroissance - 2008, page 17



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