"Tourpilles", le recueil de citationsEconomiePage 1 / 2"Les puissants sont des hommes qui persuadent. Il est vrai que toutes les affaires humaines supposent consentement ; et c'est ce qui donne force aux extracteurs et fabricateur, par le refus ; mais cette force négative ne fait rien. Tout travail, dès qu'il n'a pas pour fin la conquête de la subsistance immédiate, est strictement subordonné aux échanges, aux promesses, au crédit. Donc les persuasifs mènent tout, et l'économique dépend de la politique." Emile Chartier, dit Alain - 1868-1951 - Les idées et les âges - Les Passions et la Sagesse "L'économie "pure" se révèle être une para science, aussi éloignée de la science sociale que la parapsychologie l'est de la psychologie. Comme les autres para sciences, elle peut prouver tout et son contraire : "Dis moi ce que tu veux, et je te fabriquerai le modèle qui le justifie"." Samir Amin, économiste et directeur du Forum du tiers-monde - in Le Monde Diplomatique, Manière de voir n°72 "La décroissance est d'abord une expression provocante. Elle s'oppose directement au dogme quasi religieux de la croissance. Mais, pour commencer à comprendre le sens de cette provocation, il faut aussitôt affirmer que la décroissance n'est pas une idée économique mais relève d'une représentation du monde où l'économie n'aurait plus le dernier mot." Jean-Claude Besson-Girard - La décroissance, un nouveau romantisme révolutionnaire - Journal Libération, 2 mars 2007 "On peut et on doit lutter contre l'audimat au nom de la démocratie. Ça paraît presque paradoxal parce que les gens qui défendent l'audimat prétendent qu'il n'y a rien de plus démocratique (c'est l'argument favori des annonceurs et des publicitaires les plus cyniques, relayés par certains sociologues, sans parler des essayistes aux idées courtes, qui identifient la critique des sondages - de l'audimat - à la critique du suffrage universel, qu'il faut laisser aux gens la liberté de juger, de choisir ("ce sont vos préjugés d'intellectuels qui vous portent à considérer tout ça comme méprisables". L'audimat, c'est la sanction du marché, de l'économie, c'est-à-dire d'une légalité externe et purement commerciale, et la soumission aux exigences de cet instrument de marketing est l'exact équivalent en matière de culture de ce qu'est la démagogie orientée par les sondages d'opinion en matière de politique. La télévision régie par l'audimat contribue à faire peser sur le consommateur supposé libre et éclairé les contraintes du marché, qui n'ont rien de l'expression démocratique d'une opinion collective éclairée, rationnelle, d'une raison publique, comme veulent le faire croire les démagogues cyniques." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Sur la télévision - 1996, page 77 "L'économisme déresponsabilise et démobilise en annulant le politique et en imposant toute une série de fins [objectifs] indiscutées, la croissance maximale, l'impératif de compétitivité, l'impératif de productivité et, du même coup, un idéal humain, que l'on pourrait appeler l'idéal FMI (Fond Monétaire International." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - 1997, in Le Monde Diplomatique, Manière de voir n°72 "La démocratie dans le sens où l'entend le pouvoir ne laisse quant à elle aucune place à l'ingérence du peuple dans la structure totalitaire de l'économie dirigée par le monde des affaires, avec tout ce qui en découle dans les autres domaines de l'existence. Le rôle du public consiste à suivre les ordres, non à s'y ingérer." Noam Chomsky - né en 1928 - L'An 501, la conquête continue - Page 109 - 1993 "En général, chacune des riches puissances industrialisées prône un mélange de libéralisme et de protectionnisme, conçu dans l'intérêt des forces dominantes et en particulier des sociétés multinationales domestiques qui doivent diriger l'économie mondiale. Le résultat serait de limiter les gouvernements du tiers-monde au rôle d'une police qui doit contrôler leurs masses laborieuses et leur population superflue, pendant que les multinationales ont librement accès à leurs ressources et monopolisent les technologies nouvelles ainsi que les investissements et la production planétaires." Noam Chomsky - né en 1928 - L'An 501, la conquête continue - Page 130 - 1993 "Par miracle économique, on entend un ensemble intégré de belles statistiques macroéconomiques, de grands profits pour les investisseurs étrangers et de vie de luxe pour les élites locales ; avec, en petits caractères, un accroissement de la misère pour la majorité de la population." Noam Chomsky - né en 1928 - L'An 501, la conquête continue - Page 245 - 1993 "Refuser le scientisme, ce n'est pas refuser les sciences ; c'est refuser de s'illusionner sur elles. Refuser le technocratisme, ce n'est pas condamner la technique ; c'est refuser de s'y abandonner. Cela vaut notamment pour l'économie. Les sciences n'ont pas de morale ; les techniques pas davantage. Pourquoi l'économie qui est à la fois une science et une technique, en aurait-elle une ?" André Comte-Sponville - né en 1952 - Le capitalisme est-il moral ? - 2004 "Deux cent familles sont maîtresses de l'économie française et, en fait de la politique française. Ce sont des forces qu'un Etat démocratique ne devrait pas tolérer, que Richelieu n'eût pas toléré dans le royaume de France. L'influence des deux cents familles pèse sur le système fiscal, sur les transports, sur le crédit. Les deux cents familles placent au pouvoir leurs délégués. Elles interviennent sur l'opinion publique, car elles contrôlent la presse." Edouard Daladier - 1884-1970 - Congrès du Parti Radical-Socialiste, 28 octobre 1934 "L'économie officielle vit dans la hantise de la stabilité ou de l'équilibre. Etre plus nombreux pour aller plus vite, plus loin, produire plus, consommer plus et en plus grand nombre, tout multiplier ne peut nous installer que dans une spirale folle. Vers quoi faut-il croître et jusqu'à quand ? Qu'est-ce donc qui peut augmenter en permanence dans un organisme, un écosystème ou une planète sans les menacer ? La tumeur cancéreuse peut-elle servir de modèle universel ?" Armand Farrachi - Petit lexique d'optimisme officiel - Page 63 - Fayard - 2007 "Un fonctionnement, même optimal, d'une économie de marché, fût-elle la plus riche, ne garantit pas la survie de l'ensemble de la population." Jean-Paul Fitoussi - L'idéologie du monde - Le monde, 8 juillet 1998 "Aujourd'hui les sectateurs de l'économie de marché veulent faire le bien des peuples du Sud en leur imposant des critères de réussite. Ils retrouvent leurs comportements des bonnes dames de la bourgeoisie du passé prêtes à faire la charité à un pauvre à condition qu'il soit "méritant"." Albert Jacquard - né en 1925 - J'accuse l'économie triomphante - 1995 "Il est certes souhaitable qu'un alignement sur les systèmes les plus respectueux des hommes soit un jour réalisé ; la mondialisation souhaitée sera alors tout naturellement obtenue. Mais en voulant la réaliser dans la situation actuelle on met la charrue avant le boeuf. Au lieu de permettre une coopération bénéfique, elle génère une guerre économique généralisée dont la conséquence sera un alignement sur les systèmes sociaux les moins favorables." Albert Jacquard - né en 1925 - J'accuse l'économie triomphante - 1995 "Admettre comme des vérités absolues les propositions des économistes, c'est passer de l'économie, discipline scientifique parmi d'autres, à l'économisme, intégrisme aussi ravageur que les intégrismes religieux." Albert Jacquard - né en 1925 - J'accuse l'économie triomphante - 1995 "Les spécialistes peuvent bien faire de savants calculs pour mesurer le coût et les conséquences pour l'économie d'un programme d'amélioration de la santé publique, de même ils peuvent évaluer l'impact d'un programme d'exploration de la planète Mars, mais c'est au citoyen de définir les priorité entre ces projets." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "La proposition de baisse de la consommation matérielle peut sembler provocante dans le bain idéologique dans lequel nous sommes plongés. Mais, aujourd'hui, l'augmentation de la consommation matérielle globale n'est plus associée à une augmentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être. Une civilisation choisissant la réduction de la consommation matérielle verra par ailleurs s'ouvrir la porte d'autres politiques. Outillée par le transfert de richesses que permettra la réduction des inégalités, elle pourra stimuler les activités humaines socialement utiles et à faible impact écologique. Santé, éducation, transports, énergie, agriculture sont autant de domaines où les besoins sociaux sont grands et les possibilités d'action importantes. Il s'agit de renouveler l'économie par l'idée de l'utilité humaine plutôt que la satisfaction individuelle. Face à la crise écologique, il nous faut consommer moins pour répartir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls." Hervé Kempf - Comment les riches détruisent le monde - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008 >>> Définition de l'économie Accueil Citations Haut de page |