"Tourpilles", le recueil de citationsEconomiePage 3 / 3"La proposition de baisse de la consommation matérielle peut sembler provocante dans le bain idéologique dans lequel nous sommes plongés. Mais, aujourd'hui, l'augmentation de la consommation matérielle globale n'est plus associée à une augmentation du bien-être collectif - elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être. Une civilisation choisissant la réduction de la consommation matérielle verra par ailleurs s'ouvrir la porte d'autres politiques. Outillée par le transfert de richesses que permettra la réduction des inégalités, elle pourra stimuler les activités humaines socialement utiles et à faible impact écologique. Santé, éducation, transports, énergie, agriculture sont autant de domaines où les besoins sociaux sont grands et les possibilités d'action importantes. Il s'agit de renouveler l'économie par l'idée de l'utilité humaine plutôt que la satisfaction individuelle. Face à la crise écologique, il nous faut consommer moins pour répartir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls." Hervé Kempf - Comment les riches détruisent le monde - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008 "On ne saurait déduire des principes de l’économie politique que l’intérêt personnel dûment éclairé œuvre toujours au service de l’intérêt général. Il n’est même pas vrai que l’intérêt personnel soit généralement éclairé." John Meynard Keynes - 1883-1946 - La fin du laissez-faire, 1924 "Faire de l'argent et toujours plus, voire faire de l'argent avec de l'argent, sans limite. C'est ce qui est proposé à tous et que peu ont les moyens d'accomplir, sans meubler beaucoup l'âme des uns et des autres. Peut-être cela aide-t-il les gagnants à oublier la mort, mais celle, massive de leurs victimes est là pour leur rappeler à tout moment la vanité de ce divertissement. Ce totalitarisme de l'économie débouche à court terme sur son suicide et peut-être celui de l'humanité elle-même." Serge Latouche - Préface de Decrescendo cantabile de Jean-Claude Besson-Girard, 2005, page 10 "La politique, en tant que moteur de l'Etat-nation, n'existe plus. Elle sert seulement à gérer l'économie, et les hommes politiques ne sont plus que des gestionnaires d'entreprise. Les nouveaux maîtres du monde n'ont pas besoin de gouverner directement. Les gouvernements nationaux se chargent d'administrer les affaires pour leur compte. Le nouvel ordre, c'est l'unification du monde en un unique marché. Les Etats ne sont que des entreprises avec des gérants en guise de gouvernements, et les nouvelles alliances régionales ressemblent davantage à une fusion commerciale qu'à une fédération politique." Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste - Le Monde Diplomatique, août 1997 "En substituant le désir individuel subjectif au besoin - qui peut, lui, être objectif, collectif, et dont on peut donc discuter - l'économie a en même temps rendu impossible la construction d'un bien commun. Et cela parce qu'elle a décidé souverainement que l'utilité ne pouvait être déterminée qu'à partir de la multiplication infinie de désirs, tellement spécifiques, incomparables et particuliers qu'il sera impossible de les agréger, voire de les comparer." Dominique Méda - Qu'est-ce que la richesse ? - 1999 "... l'économie n'est pas simplement la science (ou la volonté d'être science des lois qui régissent les biens rares. C'est une approche exclusivement individualiste qui n'envisage que les rapports entre des individus et des choses et plus particulièrement qui déduit les rapports interindividuels des rapports que les individus tissent avec les choses. Des lois économiques se déduit, en silence, l'ordre social." Dominique Méda - Qu'est-ce que la richesse ? - 1999 "La croissance est un sédatif politique qui étouffe la contestation, permet aux gouvernements d’éviter l’affrontement avec les riches, empêche de bâtir une économie juste et durable. La croissance a permis la stratification sociale que même le Daily Mail [quotidien conservateur] déplore aujourd’hui." George Monbiot - The Guardian, repris dans Courrier International du 2 au 9 janvier 2008 "L'efficacité de la répression dans les régimes prétendument démocratiques tient d'abord à l'usage limité et proportionnel qui en est fait : trop de répression, ou une répression trop brutale en regard des faits reprochables aux dissidents que nous sommes, délégitimerait un régime supposé au service de tous et garant des libertés de chacun. Pour ne pas avoir à employer trop souvent la répression, le régime se livre à un travail permanent de légitimation de ses institutions, y compris répressives, qui vise à dissuader a priori la dissidence active. Des logiques inhérentes à l'économie de marché y concourent déjà : la précarisation des travailleurs, qui ne laissent guère de temps pour réfléchir, l'incitation permanent à la consommation, qui alimente l'endettement des ménages et les contraint à penser d'abord aux échéances à rembourser avant la contestation." Xavier Renou - Petit manuel de désobéissance civile, 2009, page 115 "Une société où l'économique domine le politique (et dans l'économique, la compétition donc le calcul et l'appétit du gain, ce qui est la définition même d'une économie de marché) est une société qui crée des inégalités insupportables." Paul Ricoeur - 1913-2005 Innocente culpabilité de Marie de Solemne, 1998 "En cassant les perspectives d'amélioration des carrières, comme elle le fait depuis 1990, l'économie a désenchanté le monde du travail. Si les français aiment moins le travail, c'est que la politique du bâton a remplacé la politique de la carotte au sein des entreprises." Patricia Sudolski - Vous croyez que ça m'arrange d'être chômeuse ? - 2005, page 238 "L'économie restera la science principale tant qu'on n'arrivera pas à se nourrir d'air et de vent." Mihaly Tancsics - 1799-1884 - L'indépendance de la Hunnie, 1847 "Face à la crise financière qui, partie des Etats-Unis en août 2007, contamine la planète et l'économie entière, les détenteurs de gros patrimoines se tournent vers… l'Etat. Pour qu'il injecte des liquidités et éponge les dettes, et qu'il garantisse la pérennité des banques comme l'anglaise Northern Rock. Mais dès qu'il s'agit de réparer les dégâts sociaux, l'Etat-providence disparaît. Comme au XIXe siècle, les "barons voleurs", grâce à leurs appuis politiques, s'en sortent bien." Howard Zinn - Au temps des "barons voleurs" - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008 "Il n'y a pas de petites économies." Proverbe
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