"Tourpilles", le recueil de citationsElection"La représentation proportionnelle est un système évidemment raisonnable et évidemment juste ; seulement, partout où on l'a essayée, elle a produit des effets imprévus et tout à fait funestes, par la formation d'une poussière de partis, dont chacun est sans force pour gouverner, mais très puissant pour empêcher. C'est ainsi que la politique devint un jeu des politiques." Emile Chartier, dit Alain - 1868-1951 - Propos, 1er septembre 1934 "Cette élection présidentielle pourrait bien être le triomphe absolu du bonapartisme, cette culture politique dont la France ne parvient décidément pas à se défaire. Nicolas Sarkozy en est l'incarnation à lui seul. Il résume jusqu'à la caricature la modernisation de cette "société du 10 décembre" qui fit le succès, en 1848, de Napoléon le Petit : déjà à l'époque, elle ajoutait de la violence symbolique et privée au monopole étatique de la force. Mais la postérité du bonapartisme va bien au-delà des personnes. Elle s'est forgée dans et par les institutions ; pas tant dans l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct que dans la concentration exceptionnelle de tous les pouvoirs en ses mains. De ce point de vue, l'histoire de la Ve République restera celle d'une accumulation progressive de puissance d'une seule autorité au prix de la dévitalisation des moindres contre-pouvoirs. Même celui que les journalistes avaient construit est en train de produire par connivence ou servitude volontaire une nouvelle oligarchie." Paul Allies, professeur de sciences politiques à l'université de Montpellier, article "Le triomphe du bonapartisme", journal Libération du 7 mai 2007 "Au XXe siècle, les théoriciens de la démocratie recommandent "de mettre la masse à sa place", de sorte que les hommes responsables" puissent "vivrent à l'écart du piétinement et des rugissements du troupeau dérouté", des "marginaux ignorants qui fourrent leur nez partout", dont le "rôle" doit se limiter à "assister en spectateurs intéressés aux évènements qui se déroulent", sans vraiment y prendre part. Périodiquement, le temps d'une élection, ils doivent soutenir l'un ou l'autre membre de la classe dominante, pour retourner ensuite à leurs affaires privées." Noam Chomsky - né en 1928 - L'An 501, la conquête continue - 1993 "Un politicien pense à la prochaine élection. L'homme d'État, à la prochaine génération." James Freeman Clarke - 1810-1888 "Une dictature est un pays dans lequel on a pas besoin de passer toute une nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections. Georges Clemenceau - 1841-1929 "Les six millions de voix refroidirent Pécuchet à l'encontre du Peuple, et Bouvard et lui étudièrent la question du suffrage universel. Appartenant à tout le monde, il ne peut avoir d'intelligence. Un ambitieux le mènera toujours, les autres obéiront comme un troupeau, les électeurs n'étant pas même contraints de savoir lire : c'est pourquoi, suivant Pécuchet, il y avait eu tant de fraudes dans l'élection présidentielle. "Aucune, reprit Bouvard ; je crois plutôt à la sottise du Peuple. Pense à tous ceux qui achètent la Revalescière, la pommade Dupuytren, l'eau des châtelaines, etc. Ces nigauds forment la masse électorale, et nous subissons leur volonté. Pourquoi ne peut-on se faire, avec des lapins, trois mille livres de rente ? C'est qu'une agglomération trop nombreuse est une cause de mort. De même, par le fait seul de la foule, les germes de bêtise qu'elle contient se développent et il en résulte des effets incalculables. - Ton scepticisme m'épouvante !" dit Pécuchet." Gustave Flaubert - 1821-1880 - Bouvard et Pécuchet "Ma critique [des sondages] porte principalement sur l'usage - parfois inacceptable - que l'on fait de cet instrument. Son utilisation à des fins de manoeuvres politiques et de manipulation de l'opinion doit cesser. Car sinon l'utilisation des sondages d'opinion en période électorale serait une dérive gravissime, un véritable "détournement de la démocratie". !" Nicolas Jallot - Manipulation de l'opinion - page 149 - 2007 "Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie. Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie." Montesquieu - 1689-1755 - De l'esprit des lois "Le printemps, l'été, l'automne et l'hiver sont des saisons aujourd'hui obsolètes. Vive les saisons sportives. Nous comblerons les creux de la vague d'un réjouissant scrutin électoral, d'une élection de miss, d'un radio-crochet européen ou de galas humanitaires qui lâchent la bonde à l'émotion trop longtemps contenu. Ainsi, nous anesthésierons les citoyens, qui hurleront leur soutien populaire dans des stades ou devant leur poste plutôt que de s'interroger sur des sujets qui ne leur appartient pas de prendre en charge." Michel Piquemal - Le Prophète du libéralisme [satire] - 2005 "Il y a longtemps que le vrai pouvoir n'est plus dans les urnes. Il planes bien au-dessus d'elles, dans nos institutions dont les membres ne sont pas éligibles : notre FMI, notre OCDE, notre OMC, notre banque mondiale, qui mènent la vraie marche de la planète. Les démocraties sont de belles coquilles vides." Michel Piquemal - Le Prophète du libéralisme [satire] - 2005 "Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu'on appelle Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l'état d'un pays sont presque toujours ceux qui le représentent." Pierre Joseph Proudhon - 1809-1865 - Confession d'un révolutionnaire "C'est bonnet blanc, blanc bonnet." Proverbe - France >>> Définition de l'élection |