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"Tourpilles", le recueil de citations


Etat

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"L'évolution de notre capacité à transformer notre milieu, l'intensification des interactions entre personnes, entre entreprises, entre nations, amènent nécessairement à toujours "plus d'Etat". Les épisodes inverses provoqués par les gouvernements de Reagan ou de Thatcher ne sont que les soubresauts ultimes d'une société fondée sur les illusions du XIXe siècle et dont le moteur est la compétition, donc l'égoïsme."
Albert Jacquard - né en 1925 - J'accuse l'économie triomphante - 1995

"Le droit aux soins ne dépend dans chaque Etat que des décisions des autorités nationales; il a donc pu passer, assez rapidement dans certains pays comme le nôtre, du statut de rêve au statut de quasi-réalité. Il est désormais temps de le généraliser à toute l'humanité et, pour cela, de ne pas seulement nationaliser le système sanitaire, mais de le planétiser."
Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006

"Toutes les règles de l'OMC contraignent les Etats ; aucune ne s'impose aux firmes privés, aux opérateurs financiers internationaux, aux zones franches, aux paradis fiscaux, aux sociétés transnationales. Cette "discrimination" est révélatrice d'une organisation [OMC] censée réguler le commerce mondial."
Raoul Marc Jennar et Laurence Kalafatides - L'AGCS : Quand les Etats abdiquent face aux multinationales - 2007 - Page 35

"Véritable feuille de route mondiale de la dérégulation, l'AGCS est un instrument dangereux pour la démocratie. Conçu hors de tout contrôle public sous l'impulsion de groupes de pression économiques, sa mise en oeuvre fait l'objet de négociations qui se déroulent dans la plus grande opacité. Son application extensive remettrait radicalement en cause la souveraineté des Etats et, plus encore, celle des peuples."
Raoul Marc Jennar et Laurence Kalafatides - L'AGCS : Quand les Etats abdiquent face aux multinationales - 2007 - Page 111

"En acceptant de négocier les accords de l'OMC, les gouvernements se font les complices des seuls bénéficiaires de la dérégulation globale : les firmes privées transnationales. Par faiblesse ou par intérêt, les Etats souverains n'ont rien tenté pour réguler les activités de ces entreprises dans un cadre juridique international. Au contraire, ils en sont devenus les instruments."
Raoul Marc Jennar et Laurence Kalafatides - L'AGCS : Quand les Etats abdiquent face aux multinationales - 2007 - Page 112

"L'heure est venue de substituer aux dogmes du laisser-faire, laisser-passer, le statut économique de l'avenir, celui de l'Etat contre l'argent fort."
Pierre Mendès France - 1907-1982 - avril 1929, Œuvres complètes

"L’Etat pourra disparaître complètement lorsque la société aura réalisé le principe : "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins", c’est-à-dire lorsqu’on sera tellement habitué à observer les règles primordiales de la vie sociale et que le travail sera devenu tellement productif que tout le monde travaillera volontairement selon ses capacités."
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine - 1870-1924 - L’Etat et la Révolution

"La politique, pour moi, implique la création puis l’action d’un État. Sans État, toute politique est au futur et devient plus ou moins une éthique."
André Malraux - 1901-1979

"Ce n'est pas parce que notre Etat, nos services publiques, nos administrations présentent des défauts qu'il faut remettre en question le concept même de service public."
Dominique Méda - Qu'est-ce que la richesse ? - 1999

"L'heure est venue de substituer aux dogmes du laisser-faire, laisser-passer, le statut économique de l'avenir, celui de l'Etat contre l'argent fort."
Pierre Mendès France - 1907-1982 - avril 1929, Œuvres complètes

"Un Etat qui rapetisse les hommes pour en faire des instruments dociles entre ses mains, même en vue de bienfaits, s'apercevra qu'avec de petits hommes rien de grand ne saurait s'accomplir."
John Stuart Mill - 1806-1873 - De la liberté - 1859

"Quand on voit un homme actif qui a fait sa fortune, cela vient de ce que, de cent mille voies, la plupart fausses, qu'il a employées, quelqu'une a réussi. De là, on argumente qu'il sera propre pour les affaires publiques. Cela n'est pas vrai. Quand on se trompe dans quelques projets pour sa fortune, ce n'est qu'un coup d'épée dans l'eau. Mais, dans les entreprises d'Etat, il n'y a pas de coup d'épée dans l'eau."
Montesquieu - 1689-1755 - Mes pensées

"Les institutions européennes sont devenues pour les Etats un "airbag" face aux demandes sociales exponentielles des nations. Les politiques monétaires et budgétaires de Bruxelles font office de pilote automatique de remise en cause des différents compromis sociaux nationaux. Externalisé hors de la nation vers l'Europe, l'intérêt général, qui réifiait de façon dynamique les compromis entre classes, éloigne l'Etat des contraintes et responsabilités antérieures d'assumer les principes et les faits, les fins et les moyens, le souhaitable et le possible."
Stéphane Rozès - Nouvelles luttes de classes - 2006, page 71

"La loi de séparation des Eglises et de l'Etat établit une distinction entre l'espace public et la sphère de la vie privée. La religion appartient à la vie privée. Le communautarisme réduit l'individu à son identité ethnique ou religieuse. C'est le contraire de la citoyenneté républicaine. La citoyenneté ouvre sur l'universel, le communautarisme enferme. La citoyenneté intègre et rassemble dans un projet collectif. Le communautarisme divise, oppose, attise les conflits, mène au racisme et à l'exclusion."
Georges Sarre - 6 mai 2003

"L'Etat ne poursuit jamais qu'un but: limiter, enchaîner, assujettir l'individu, le subordonner à une généralité quelconque.
Max Stirner - 1806-1856 - L'Unique et sa propriété - 1845

"Désormais, tout droit que ne concède pas le Monarque État est une "usurpation", tout privilège qu'il accorde devient un "droit"."
Max Stirner - 1806-1856 - L'Unique et sa propriété - 1845

"Si Sarkozy existe en tant que phénomène sociale et historique, malgré sa vacuité, sa violence et sa vulgarité, nous devons admettre que l'homme n'est pas parvenu à atteindre le sommet de l'Etat malgré ses déficiences intellectuelles et morales, mais grâce à elles. C'est sa négativité qui a séduit. Respect des forts, mépris des faibles, amour de l'argent, désir d'inégalité, besoin d'agression, désignation de boucs émissaires dans les banlieues, dans les pays musulmans ou en Afrique noire, vertige narcissique, mise en scène publique de la, vie affective et, implicitement, sexuelle : toutes ces dérives travaillent l'ensemble de la société française ; elles ne représentent pas la totalité de la vie sociale mais sa face noire, elle manifeste son état de crise et d'angoisse."
Emmanuel Todd - Après la démocratie - 2008, page 16

"Il revient à l'Etat et au Parlement d'être les garants de la pérennité et de la capacité de développement du service public audiovisuel."
Catherine Trautmann - né en 1951 - Les dossiers de l'Audiovisuel

"Face à la crise financière qui, partie des Etats-Unis en août 2007, contamine la planète et l'économie entière, les détenteurs de gros patrimoines se tournent vers… l'Etat. Pour qu'il injecte des liquidités et éponge les dettes, et qu'il garantisse la pérennité des banques comme l'anglaise Northern Rock. Mais dès qu'il s'agit de réparer les dégâts sociaux, l'Etat-providence disparaît. Comme au XIXe siècle, les "barons voleurs", grâce à leurs appuis politiques, s'en sortent bien."
Howard Zinn - Au temps des "barons voleurs" - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008


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