"Tourpilles", le recueil de citationsJournaliste"L'information de masse c'est celle que font les grands médias, avec la supériorité écrasante de l'audio-visuel. Et ces appareils d'information-là, énormes et performants, non seulement sont la propriété de grands groupes capitalistes, mais encore sont professionnellement tenus en mains par une corporation journalistique acquise très majoritairement au système, et dont la fraction d'encadrement, celle qui occupe les postes de responsabilité et de direction, vit en symbiose avec le pouvoir économique et politique." Alain Accardo - entretien avec Alain Accardo - "A gauche" - franceradicale.org - 2003 "Cette élection présidentielle pourrait bien être le triomphe absolu du bonapartisme, cette culture politique dont la France ne parvient décidément pas à se défaire. Nicolas Sarkozy en est l'incarnation à lui seul. Il résume jusqu'à la caricature la modernisation de cette "société du 10 décembre" qui fit le succès, en 1848, de Napoléon le Petit : déjà à l'époque, elle ajoutait de la violence symbolique et privée au monopole étatique de la force. Mais la postérité du bonapartisme va bien au-delà des personnes. Elle s'est forgée dans et par les institutions ; pas tant dans l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct que dans la concentration exceptionnelle de tous les pouvoirs en ses mains. De ce point de vue, l'histoire de la Ve République restera celle d'une accumulation progressive de puissance d'une seule autorité au prix de la dévitalisation des moindres contre-pouvoirs. Même celui que les journalistes avaient construit est en train de produire par connivence ou servitude volontaire une nouvelle oligarchie." Paul Allies, professeur de sciences politiques à l'université de Montpellier, article "Le triomphe du bonapartisme", journal Libération du 7 mai 2007 "Je croirais vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu'il pense vraiment de son journal. Dans son journal." Guy Bedos - né en 1934 - Journal d'un mégalo "On dit toujours, au nom du credo libéral, que le monopole uniformise et que la concurrence diversifie. Je n'ai rien, évidemment contre la concurrence, mais j'observe seulement que, lorsqu'elle s'exerce entre des journalistes ou des journaux qui sont soumis aux mêmes contraintes, aux mêmes sondages, aux mêmes annonceurs (il suffit de voir avec quelle facilité les journalistes passent d'un journal à l'autre, elle homogénéise." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Sur la télévision - 1996, page 23 "L'audimat, c'est cette mesure du taux d'audience dont bénéficient les différentes chaînes (il y a des instruments, actuellement, dans certaines chaînes qui permettent de vérifier l'audimat quart d'heure par quart d'heure et même, c'est un perfectionnement qui a été introduit récemment, de voir les variations par grandes catégories sociales. On a donc une connaissance très précise de ce qui passe et de ce qui ne passe pas. Cette mesure est devenue le jugement dernier du journaliste, jusque dans les lieux les plus autonomes du journalisme, à part peut-être Le Canard Enchaîné, Le Monde diplomatique, et quelques petites revues d'avant-garde, animées par des gens généreux et "irresponsables", l'audimat est actuellement dans tous les cerveaux." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Sur la télévision - 1996, page 28 "Vous savez que les hommes politiques et les journalistes ne sont pas à vendre. D'ailleurs, on n'a pas dit combien." Michel Colucci, dit Coluche - 1944-1986 "Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent! C'est pire!" Michel Colucci, dit Coluche - 1944-1986 "Les médias adorent relayer ces grandes causes associant tout et chacun sans déranger rien ni personne. Le consensus "humanitaire" a la même utilité que les "débats" entre journalistes. Ils brassent du vent pour détourner l'orage." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 14 "Les journalistes ont presque toujours été corsetés dans un costume de contraintes. Au siècle dernier, la liberté de la presse appartenait déjà à ceux qui en possédaient une; pour les autres, c'étaient "silence aux pauvres !". Comment le professionnel de l'information a-t-il pu imaginer qu'un industriel allait acheter un moyen d'influence tout en s'interdisant de peser sur son orientation." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 68 "Mort de Lady Diana en 1997, éclipse de soleil en 1999, "Loft story" en 2001 : chaque fois que, presque unanimes, les médias matraquent un sujet sans autre conséquence qu'une augmentation escomptée de leur diffusion, ils se prévalent de la demande du public, de l'intérêt du consommateur. C'est d'abord oublier que la mission du journaliste consiste à rendre intéressant ce qui est important, pas important ce qui est intéressant." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 76 "Des médias de plus en plus concentrés, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre. Longtemps, le désir de transformation sociale continuera de buter sur cet obstacle." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 143 "Dans une conversation avec un journaliste, je m'étais montré préoccupé de ce que penserait de la Conférence de Londres le Français moyen. Je ne me doutais pas que cette expression si simple ferait le tour du pays et même, sous des traductions variées, le tour du monde. Les mots historiques sont ceux que l'on fait sans s'en douter." Edouard Herriot - 1872-1957 - D'une guerre à l'autre 1914-1936 "Le pouvoir du journaliste ne se fonde pas sur le droit de poser une question, mais sur le droit d'exiger une réponse." Milan Kundera - né en 1929 "Le droit à l'information repose sur un seul fondement : l'information est un bien public qui doit être accessible à tous et n'excepter aucun domaine de la vie économique, sociale et politique. L'exercice de ce droit ne consiste pas seulement dans le droit d'être informé, mais aussi dans le droit d'informer que revendiquent les journalistes." Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 160 - 2007 "La télévision ne produit pas de stars. Elle porte momentanément au pinacle de la notoriété, des journalistes et des animateurs. Que ces vedettes quittent leur emploi, elles sont vite oubliées." Bernard Pivot - né en 1935 - Le Métier de lire "L’esprit de cour est aussi puissamment contagieux. Sous-cours et basses-cours se mêlent et s’entremêlent en cercles associés, confidents ou obligés. Les complicités au gré des calculs et des ambitions se nouent, saintes alliances ou troubles allégeances, officielles ou clandestines, du politique au journaliste, du juge au policier, en passant par l’homme d’affaires, par petits clans ou en réseaux. Peu à peu ces complicités dégénèrent de simples manipulations en complots." Dominique de Villepin - né en 1953 - Le Cri de la gargouille "L'excitation morbide qui anime désormais journalistes et publicitaires à chaque nouvelle preuve du réchauffement climatique dévoile le sourire d'acier du nouveau capitalisme vert, celui qui s'annonçait depuis le début des années 1970, que l'on attendait au tournant et qui ne venait pas. Et bien, le voilà ! L'écologie, c'est lui ! Les solutions alternatives, c'est encore lui ! La salut de la planète, c'est toujours lui ! Plus aucun doute, le fond de l'air est vert ; l'environnement sera le pivot de l'économie politique du XXIe siècle. A chaque poussée de catastrophisme correspond désormais une volée de "solutions industrielles"." Comité invisible - L'insurrection qui vient - 2007, page 60 |