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"Tourpilles", le recueil de citations


Marché

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"Une des bases fondamentales du pouvoir de l'Etat capitaliste moderne, le marché national, est liquidée par la canonnade de l'économie financière globale. Le nouveau capitalisme international rend les capitalismes nationaux caducs, et en affame jusqu'à l'inanition les pouvoirs publics. Le coup a été si brutal que les Etats nationaux n'ont pas la force de défendre les intérêts des citoyens."
Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste - Le Monde Diplomatique, août 1997

"Les marchés financiers n'ont que faire de la couleur politique des dirigeants des pays : ce qui compte, à leurs yeux, c'est le respect du programme économique. Les critères financiers s'imposent à tous. Les maîtres du monde peuvent tolérer l'existence d'un gouvernement de gauche, à condition que celui-ci n'adopte aucune mesure pouvant nuire aux intérêts des marchés. Ils n'accepteront jamais une politique de rupture avec le modèle dominant."
Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste - Le Monde Diplomatique, août 1997

"Par son exploitation du marché mondial, la bourgeoisie a rendu cosmopolites la production et la consommation de tous les pays."
Karl Marx et Friedrich Engels - Le manifeste du parti communiste, 1848

"C'est pour respecter le principe de la concurrence que les néolibéraux veulent réduire le secteur public. Pour eux la concurrence par le marché est censée - par principe - résoudre les problèmes supposés d'efficacité des monopoles publics, favoriser la baisse des prix et l'innovation. Pourtant, presque tous les services publics constituent ce que les économistes appellent des "monopoles naturels"."
Jacques Nikonoff - 11 novembre 2004

"Fabriquons des obèses gavés de sucre, diabétiques limaces rampantes, éléphants de mer au coeur fragile. La honte de leur corps nous sera un marché sans fin de produits diététiques, de joggings XXL, et de rameurs couchés."
Michel Piquemal - Le Prophète du libéralisme [satire] - Page 44 - 2005

"En vérité je vous le dis, la télévision n'est que le porte-parole du Marché. Elle est là pour persuader petits et grands que la quantité des biens et la qualité de la vie sont une seule et même chose.
Vos émissions ont pour vocation de rendre le cerveau humain perméable aux publicités. Vous devez le divertir entre deux messages. Car ce que vous vendez aux annonceurs, c'est du temps de cerveau humain disponible."

Michel Piquemal - Le Prophète du libéralisme [satire] - Page 76 - 2005

"Les banques coopératives européennes constituent dans les périodes de turbulences et d'insécurité que traversent actuellement les marchés financiers un havre de sécurité !"
Christopher Pleister - cité dans "Une autre façon d'entreprendre. Entretiens coopératifs" - 2010 - Page 39

"Peu de gens aujourd'hui défendent cette grande hypocrisie : on prétend aider les pays en développement alors qu'on les force à ouvrir leurs marchés aux produits des pays industriels avancés, qui eux-mêmes continuent à protéger leurs propres marchés. Ces politiques sont de nature à rendre les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres - et plus furieux."
Joseph Stiglitz - Economiste et Prix Nobel d'économie

"Je contacte Bernard Maris, professeur d'économie, et aussi rédacteur en chef de Charlie Hebdo, journal de gauche qui vit sans publicité. Avec pédagogie, il tente d'expliquer les enjeux du marché à ceux qui n'y connaissent rien. Et il confirme : "Bien sûr, les financiers sont aux aguets pour les chiffres du chômage. Le chômage est un moyen commode pour faire du profit." Et il me le prouve. "Si l'on suit la courbe du chômage de masse et l'effondrement de la part du salaire dans le PIB, ont voit qu'elles sont parallèles, argumente-t-il. Entre 1980 et 2003, pendant que le chômage de masse s'installait, la part du salaire dans la richesse nationale est passée de 77 à 68%." Il calcule : "çà nous fait une chute de 8%. Sur un PIB de 1 500 milliards d'euros, c'est 120 milliards de moins. Soit deux fois le déficit de l'Education nationale."
Mais cet argent n'est pas perdu pour tout le monde. "Il se retrouve dans la poche du rentier et dans l'investissement mécanisé. Le chômage fait pression sur les salaires. L'argent économisé sur les salaires permet des gains de productivité. Il part dans les bulles immobilières aujourd'hui, boursières hier.""

Patricia Sudolski - Vous croyez que ça m'arrange d'être chômeuse ? - 2005, page 55

"L'efficacité de la répression dans les régimes prétendument démocratiques tient d'abord à l'usage limité et proportionnel qui en est fait : trop de répression, ou une répression trop brutale en regard des faits reprochables aux dissidents que nous sommes, délégitimerait un régime supposé au service de tous et garant des libertés de chacun. Pour ne pas avoir à employer trop souvent la répression, le régime se livre à un travail permanent de légitimation de ses institutions, y compris répressives, qui vise à dissuader a priori la dissidence active. Des logiques inhérentes à l'économie de marché y concourent déjà : la précarisation des travailleurs, qui ne laissent guère de temps pour réfléchir, l'incitation permanent à la consommation, qui alimente l'endettement des ménages et les contraint à penser d'abord aux échéances à rembourser avant la contestation."
Xavier Renou - Petit manuel de désobéissance civile, 2009, page 115

"Un citoyen de Londres me disait un jour : "C'est la nécessité qui fait lois, et la force les fait observer." Je lui demandai si la force ne faisait pas aussi quelquefois des lois, et si Guillaume le Bâtard et le Conquérant ne leur avait pas donné des ordres sans faire de marché avec eux. "Oui, dit-il, nous étions des boeufs alors ; Guillaume nous mit un joug, et nous fit marcher à coups d'aiguillon ; nous avons depuis été changés en hommes, mais les cornes nous sont restées, et nous frappons quiconque veut nous faire labourer pour lui, et non pas pour nous.""
Voltaire - 1694-1778 - Dictionnaire philosophique

"Un principe de base du marché des dérivés est qu'il s'agit d'un jeu à somme nulle : dans le domaine des futures, des options et des swaps, les bénéfices des uns ne peuvent être couverts que par les pertes des autres. Tout fonctionne sur la base de "contreparties". Or comment trouver des contreparties aux nombreux dérivés hybrides, exotiques et sur-mesure, sinon par une chasse effrénée au gogo."
Ibrahim Warde - La dérive des nouveaux produits financiers - Le Monde Diplomatique, juillet 1994


>>> Citations : L'homme et le marché, ouvrage collectif (2006)

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