"Tourpilles", le recueil de citationsMédia"L'information de masse c'est celle que font les grands médias, avec la supériorité écrasante de l'audio-visuel. Et ces appareils d'information-là, énormes et performants, non seulement sont la propriété de grands groupes capitalistes, mais encore sont professionnellement tenus en mains par une corporation journalistique acquise très majoritairement au système, et dont la fraction d'encadrement, celle qui occupe les postes de responsabilité et de direction, vit en symbiose avec le pouvoir économique et politique." Alain Accardo - entretien avec Alain Accardo - "A gauche" - franceradicale.org - 2003 "Il faut faire monter le tirage. C'est un grand principe. On a vu des journaux mourir faute de fausses nouvelles, fautes d'injures inédites, faute de spirituels mensonges." Rémy de Gourmont -1858-1915 - Épilogues - février 1898 "Les médias adorent relayer ces grandes causes associant tout et chacun sans déranger rien ni personne. Le consensus "humanitaire" a la même utilité que les "débats" entre journalistes. Ils brassent du vent pour détourner l'orage." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 14 "Mort de Lady Diana en 1997, éclipse de soleil en 1999, "Loft story" en 2001 : chaque fois que, presque unanimes, les médias matraquent un sujet sans autre conséquence qu'une augmentation escomptée de leur diffusion, ils se prévalent de la demande du public, de l'intérêt du consommateur. C'est d'abord oublier que la mission du journaliste consiste à rendre intéressant ce qui est important, pas important ce qui est intéressant." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 76 "Culture d'entreprise, sérénade des "grands équilibres", amour de la mondialisation, fascination pour l'argent et pour ceux qui en possèdent, prolifération des chroniques boursières, réquisitoire incessant contre les conquêtes sociales, acharnement à culpabiliser les salariés au nom des "exclus", terreur des passions collectives : cette gamme patronale, mille institutions, organismes et commissions le martèlent. Mais les médias, qu'ils soient de droite ou qu'ils se disent de gauche, lui servent de ventriloque, d'orchestre symphonique au diapason des marchés qui scandent nos existences." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 81 "Des médias de plus en plus concentrés, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre. Longtemps, le désir de transformation sociale continuera de buter sur cet obstacle." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 143 "On peut dire que plus un organe de presse ou un média est aux ordres de l'oligarchie dirigeante, plus il emploie d'euphémismes." Eric Hazan, écrivain, éditeur et ancien médecin - Le Monde, 9 mai 2006 "Veblen [Thorstein Veblen, économiste] constatait ensuite qu'existent le plus souvent plusieurs classes au sein de la société. Chacune d'entre elles est régie par le principe de la rivalité ostentatoire. Et dans chaque classe, les individus prennent comme modèle le comportement en vigueur dans la couche sociale supérieure, qui montre ce qui est bien, ce qu'il est chic de faire. La couche sociale imitée prend elle-même exemple sur celle qui est située au-dessus d'elle dans l'échelle de la fortune. Cette imitation se reproduit de bas en haut, si bien que la classe située au sommet définit le modèle culturel général de ce qui est prestigieux, de ce qui en impose aux autres. Que se passe-t-il dans une société très inégalitaire ? Elle génère un gaspillage énorme, parce que la dilapidation matérielle de l'oligarchie - elle-même en proie à la compétition ostentatoire - sert d'exemple à toute la société. Chacun à son niveau, dans la limite de ses revenus, cherche à acquérir les biens et les signes les plus valorisés. Médias, publicité, films, feuilletons, magazines "people" sont les outils de diffusion du modèle culturel dominant." Hervé Kempf - Comment les riches détruisent le monde - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008 "Préférant l'opinion sondée à l'opinion mobilisée, les sondages de popularité à l'exposition des arguments, en quête de "bons clients", à l'affût des "personnages", et encourageant les individus face aux collectifs, les médias attendent de l'opinion sondée (simple agrégat de réponses qui n'ont qu'une valeur d'indices qu'elle leur dise ce qu'elle pense de l'opinion mobilisée dont ils écoutent à peine les arguments. De là, une profusion de sondages sur la popularité des mobilisations sociales et, en guise de "cahiers de doléances", quelques sondages sur le contenu des réformes proposées. A défaut de pouvoir faire dire aux sondages à peu près n'importe quoi, tout est permis quand il s'agit de choisir les questions et de ficeler les commentaires : questions biaisées, absurdité, incohérence, partialité." Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 101 - 2007 "Chaque grève et chaque manifestation est un enjeu de lutte entre les acteurs mobilisés et les médias... qui le sont aussi. Car mobilisés, ils le sont effectivement - non simplement pour couvrir l'action, mais pour la soumettre à leurs verdicts : indirectement, par sa mise en mots et en image, et directement, par la mise en scène construite par les journaux télévisés et la mise en perspective offerte par les commentateurs de presse écrite." Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 140 - 2007 "En tout cas, pour être soutenus par les médias, mieux vaut être cadres moyens du secteur privé que fonctionnaire de la fonction publique, et chercheurs qu'éboueurs. Chercheurs, les motifs de leur légitime révolte mérite des explications ; et comme leur parole est gagée sur leur compétence, elle sera audible. Eboueurs, leurs revendications et leurs visages seront enfouis sous les immondices que leurs grèves laissent traîner dans les rues." Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 152 - 2007 "Aux journaux le rôle de les culpabiliser, d'accuser les citoyens de ne pas être compétitifs, de bénéficier de trop nombreux avantages qui nuisent au monde de l'entreprise et l'acculent aux plans sociaux." Michel Piquemal - Le Prophète du libéralisme [satire] - Page 16 - 2005 "Aujourd'hui, nous vivons dans un monde dominé par une force unique, par une idéologie unique, par un parti unique mondialiste. La constitution de ce dernier a débuté, elle aussi, à l'époque de la guerre froide, quand des superstructures transnationales ont progressivement commencé à se constituer sous les formes les plus diverses : sociétés commerciales, bancaires, politiques, médiatiques. Malgré leurs différents secteurs d'activités, ces forces étaient unies par leur nature supranationale. Avec la chute du communisme, elles se sont retrouvées aux commandes du monde. Les pays occidentaux sont donc dominateurs, mais aussi dominés, puisqu'ils perdent progressivement leur souveraineté au profit de ce que j'appelle la "suprasociété". Suprasociété planétaire, constituée d'entreprises commerciales et d'organismes non-commerciaux, dont les zones d'influence dépassent les nations." Alexandre Zinoviev - né en 1922 "Les gens riches ou célèbres et les médias dépensent beaucoup d'efforts pour persuader les foules de l'excellence de leur état et de la médiocrité des anonymes, bien qu'ils soient très avertis, et pour cause, de toutes les conséquences indésirables de leur situation qui en fait in fine une position rien moins que désirable." Anonyme - Eloge de la pauvreté et de l'anonymat - 2006, page 9 >>> Définition : Média |