"Tourpilles", le recueil de citationsPolice"Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilis. [...] J'entends la tempête. On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, de cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées." Aimé Césaire - 1913-2008 - Discours sur le Colonialisme, 1950 "En général, chacune des riches puissances industrialisées prône un mélange de libéralisme et de protectionnisme, conçu dans l'intérêt des forces dominantes et en particulier des sociétés multinationales domestiques qui doivent diriger l'économie mondiale. Le résultat serait de limiter les gouvernements du tiers-monde au rôle d'une police qui doit contrôler leurs masses laborieuses et leur population superflue, pendant que les multinationales ont librement accès à leurs ressources et monopolisent les technologies nouvelles ainsi que les investissements et la production planétaires." Noam Chomsky - né en 1928 - L'An 501, la conquête continue - Page 130 - 1993 "La statistique de police semble surtout devenue un outil de contrôle administratif interne et de communication politique, d'aucuns diraient de propagande." Lorraine Data - Le grand trucage - 2009, page 164 "Le colonialisme et l'impérialisme ne sont pas quitte avec nous quand ils ont retiré de nos territoires leurs drapeaux et leurs forces de police. Pendant des siècles les capitalistes se sont comportés dans le monde sous-développé comme de véritables criminels de guerre. Les déportations, les massacres, le travail forcé, l'esclavagisme ont été les principaux moyens utilisés par le capitalisme pour augmenter ses réserves d'or et de diamants, ses richesses et pour établir sa puissance." Franz Fanon - Les Damnés de la Terre - 1961 "Je n'accuse pas la Ve République d'être un régime policier parce qu'elle entretient des nuées de policiers, mais parce que son origine, ses mœurs, ses ambitions, son système politique, la condamnent à contrôler par des moyens qui lui sont propres les rouages chaque l'État, chaque cellule du pays. [...] Son vrai Premier ministre, c'est la police. [...] Elle [la population] sait d'expérience que non seulement la police écoute au téléphone, lit le courrier, tend ses filets, organise ses guet-apens, mais aussi qu'elle cogne et qu'elle tire. Les rafales de mitrailleuses sur la foule d'Alger, les matraquages sanglants du boulevard Saint-Marcel en octobre 1961, les huit morts du 6 février 1962, à Paris, ne résultent pas du hasard mais de la tactique réfléchie d'un pouvoir qui pour gagner l'initiative force toujours l'événement." François Mitterrand - 1916–1996 - Le coup d'Etat permanent - 1964 "Les apologistes du travail. - Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l'intérêt général : la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l'aspect du travail - c'est-à-dire de ce dur labeur du matin au soir - que c'est là la meilleure police, qu'elle tient chacun en bride et qu'elle s'entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et la soustrait à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l'amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société, où l'on travaille sans cesse durement, jouira d'une plus grande sécurité : et c'est la sécurité que l'on adore maintenant comme divinité suprême." Friedrich Nietzsche - 1844-1900 - Aurore - 1881 "Les raisons de rejeter la violence sont nombreuses. Rappelons d'abord quelques évidences d'ordre tactique. D'abord il faut demander à ceux qui préconisent le recours aux armes, ou même la violence plus modérée des affrontements ponctuels avec la police à coup de pavés et, plus rarement de cocktails Molotov, comment il compte gagner quoique ce soit avec un rapport de force aussi défavorable. Ils ne pensent évidemment pas que c'est en tuant ou en effrayant quelques policiers qu'on tue la fonction policière, que c'est en tuant tel ou tel grand patron qu'on élimine les mécanismes sociaux qui amènent un individu à se faire exploiteur pour survivre dans la jungle de la concurrence. S'agit-il de convaincre d'autres secteurs de la population de rejoindre les barricades ? La vertu exemplaire de l'émeute n'a pas été démontrée à ce jour, ni surtout sa capacité à construire une alternative à ce qu'elle combat." Xavier Renou - Petit manuel de désobéissance civile, 2009, page 27 "L'esprit de cour est aussi puissamment contagieux. Sous-cours et basses-cours se mêlent et s'entremêlent en cercles associés, confidents ou obligés. Les complicités au gré des calculs et des ambitions se nouent, saintes alliances ou troubles allégeances, officielles ou clandestines, du politique au journaliste, du juge au policier, en passant par l'homme d'affaires, par petits clans ou en réseaux. Peu à peu ces complicités dégénèrent de simples manipulations en complots." Dominique de Villepin - né en 1953 - Le Cri de la gargouille "Les milieux militants étendent leur maillage diffus sur la totalité du territoire français, se trouvent sur le chemin de tout devenir révolutionnaire. Ils ne sont porteurs que du nombre de leurs échecs, et de l'amertume qu'ils en conçoivent. Leur usure, comme l'excès de leur impuissance, les ont rendus inaptes à saisir les possibilités du présent. On y parle bien trop, au reste, afin de meubler une passivité malheureuse; et cela les rend peu sûr policièrement. Comme il est vain d'espérer d'eux quelque chose, il est stupide d'être déçu de leur sclérose." Comité invisible - L'insurrection qui vient - 2007, page 89 "Le territoire actuel est le produit de plusieurs siècles d'opérations de police. On a refoulé le peuple hors de ses campagnes, puis hors de ses rues, puis hors de ses quartiers et finalement hors de ses halls d'immeuble, dans l'espoir dément de contenir toute vie entre les quatre murs suintants du privé." Comité invisible - L'insurrection qui vient - 2007, page 97 "La police avec nous !" Slogan - Mai 1968 "La police vous parle tous les soirs à 20h. [ORTF]" Slogan - Mai 1968 "Non à l'Etat policier !" Slogan - Mai 1968 |