"Tourpilles", le recueil de citationsRéalitéPage 1 / 2"L'économie n'est pas la réalité. Elle n'est qu'une réduction monstrueuse de nos existences à un plan comptable. Cette monstruosité cache l'horizon tout entier. L'économie n'a pas de réalité et c'est d'elle dont devrait dépendre nos vies ? Nos vies sont liées au pain que l'on a pétri, que l'on mange, au pain que l'on partage et au champ d’où proviennent les grains. L'économie ne mesure pas les vraies richesses, elle comptabilise nos pertes d'humanité." Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 82 "En ne retenant volontairement que les hypothèses les plus optimistes dans les prévisions économiques des différents instituts de conjoncture, en détournant le sens de certaines statistiques pour accréditer l'efficacité de leur politique, en se bricolant des indicateurs spécifiques avec l'espoir qu'ils renverront une image flatteuse de la situation à l'opinion, nos gouvernants ont multiplié les occasions d'être cruellement contredit par la réalité." Lorraine Data - Le grand trucage - 2009, page 165 "La manipulation des statistiques vire rapidement à la méthode Coué et l'opinion publique pourrait bien finir par se demander si, la politique du bla-bla ayant succédé à celle du bling-bling, nos gouvernants n'en sont pas réduits aujourd'hui à faire l'autruche, en se cachant la tête dans le sable pour fuir une réalité sur laquelle leur emprise est très limitée." Lorraine Data - Le grand trucage - 2009, page 166 "Les illusions nous rendent le service de nous épargner des sentiments pénibles et de nous permettre d'éprouver à leur place des sentiments de satisfaction. Aussi devons-nous nous attendre à ce qu'elles en viennent un jour à se heurter contre la réalité, et le mieux que nous ayons à faire, c'est d'accepter leur destruction sans plaintes ni récriminations." Sigmund Freud - 1856-1939 - Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort - 1915 "Une utopie est une réalité en puissance." Edouard Herriot - 1872-1957 "La publicité [...], pour arriver à ses fins, doit décerveler les citoyens. Ceux-ci ne sont plus que des consommateurs qu'il faut manipuler, transformer en foule docile, à qui l'on veut faire prendre des vessies pour des lanternes. Cet objectif est naïvement avoué par l'usage d'une expression dont le cynisme éhonté n'est plus perçu tant elle est utilisée : "améliorer l'image de marque". Il ne s'agit plus d'améliorer la réalité des produits offerts par une grande entreprise sous une marque commune, mais la perception floue qu'en ont les acheteurs." Albert Jacquard - né en 1925 - J'accuse l'économie triomphante - 1995 "Le droit aux soins ne dépend dans chaque Etat que des décisions des autorités nationales; il a donc pu passer, assez rapidement dans certains pays comme le nôtre, du statut de rêve au statut de quasi-réalité. Il est désormais temps de le généraliser à toute l'humanité et, pour cela, de ne pas seulement nationaliser le système sanitaire, mais de le planétiser." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "Jamais, avant la généralisation du cinéma et de la télévision, les yeux et système nerveux central de nos ancêtres n'avaient été agressés par tant de formes et de couleurs constamment changeantes, et dont le rythme est d'autant plus rapide que le discours associé est plus insignifiant. Aucun de nos prédécesseurs humains n'avait été soumis à un tel traitement qui désarçonne notre capacité de réaction, fascine notre regard, envahit nos neurones et leurs connexions, et structure sans nous, ou même malgré nous notre cerveau. Il peut avoir sur lui le même effet qu'une drogue, mettant en place un écran entre la réalité et notre perception de cette réalité, créant une accoutumance, un besoin." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "Autant la radio, dont le matériau est la parole, est dans la continuité des moyens d'information de la presse, autant la télévision, dont le matériau est l'image en mouvement, constitue une mutation dans notre rapport à la réalité aussi inquiétante que les mutations de notre patrimoine génétique." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "Sur une planète dont les dimensions et les richesses sont finies, tout processus exponentiel ne peut qu'être éphémère. La croissance de la consommation est en réalité l'équivalent d'une drogue ; la première dose crée l'euphorie mais les suivantes mènent inévitablement à la catastrophe. Prétendre résoudre un problème, par exemple le chômage, par la croissance, s'est s'enfoncer délibérément dans une impasse." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "Le changement de perspective que nécessite, dès à présent, l'abandon du leurre qu'est la croissance des biens matériels ne pourra aboutir que par l'adhésion des générations qui nous suivront. Les signes sont nombreux d'un écoeurement des adolescents devant ce que nos sociétés présentent comme des réussites et qui ne sont ressentis par les nouveaux venus que comme des embrigadements, des mises aux normes, qu'ils récusent. Il est temps que les années passées dans le système éducatif leur apparaissent non comme la préparation à une soumission, mais comme le début de la construction par chacun de la personne qu'il choisit d'être. C'est cette soumission qui représente le pire danger de l'intégrisme économique : l'acceptation passive des conséquences de processus qui nous échappent, amplifiés par le recours à des mots qui ne font référence à aucune réalité." Albert Jacquard - né en 1925 - Le compte à rebours a-t-il commencé ? - 2009, page 118 |