"Tourpilles", le recueil de citationsTélévision"Une société qui invente le jardin zoologique est une société prête pour la télévision. Dès qu'on pense qu'il est intéressant de regarder des animaux hors de leur contexte naturel, il devient pensable de contempler le monde entier depuis son salon." Bernard Arcand - né en 1945 - Quinze lieux communs "Depuis que toutes les chaînes se livrent cette bataille pour l'audimat, parler de l'intelligence à la télévision, c'est comme si l'on distribuait des guides gastronomiques au Sahel." Guy Bedos - né en 1934 "Le savant le plus grand est celui qui connaît les limites de son savoir, c'est-à-dire l'infini de son ignorance. Voilà pourquoi vous voyez si peu de savants à la télévision alors que cette dernière convient si bien aux experts." Serge Bouchard - né en 1947 - De la fin du mâle, de l'emballage et autres lieux communs "La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d'une partie très importante de la population." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Sur la télévision "Guerre du Golfe et du Kosovo, traités européens, accords de libre-échange, privatisations, mise en cause du niveau des retraites et de l'assurance sociale : sur tous ces sujets qui exigeaient une vraie confrontation des points de vue et qui engageaient l'avenir du pays, la quasi-totalité des quotidiens, des hebdomadaires, des radios, des télévisions ont, chaque fois, battu le même tambour avec les mêmes arguments. Au service de la guerre, au service de l'argent, au service du commerce." Serge Halimi - Les nouveaux chiens de garde - 2005 - Page 84 "Jamais, avant la généralisation du cinéma et de la télévision, les yeux et système nerveux central de nos ancêtres n'avaient été agressés par tant de formes et de couleurs constamment changeantes, et dont le rythme est d'autant plus rapide que le discours associé est plus insignifiant. Aucun de nos prédécesseurs humains n'avait été soumis à un tel traitement qui désarçonne notre capacité de réaction, fascine notre regard, envahit nos neurones et leurs connexions, et structure sans nous, ou même malgré nous notre cerveau. Il peut avoir sur lui le même effet qu'une drogue, mettant en place un écran entre la réalité et notre perception de cette réalité, créant une accoutumance, un besoin." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "Autant la radio, dont le matériau est la parole, est dans la continuité des moyens d'information de la presse, autant la télévision, dont le matériau est l'image en mouvement, constitue une mutation dans notre rapport à la réalité aussi inquiétante que les mutations de notre patrimoine génétique." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "Les bonimenteurs et les camelots des boulevards n'étaient guère dangereux car leur impact était limité ; ils n'étaient que des amuseurs. Aujourd'hui, les télévisions participent largement à ce rôle d'amuseurs, mais elles interviennent simultanément, sans en avoir le mandat, dans la formation des esprits. Qu'elles puissent se donner comme objectif de décerveler les citoyens donne la mesure du danger." Albert Jacquard - né en 1925 - Mon utopie - 2006 "Longtemps présentée comme un modèle de débats de société, l'émission de télévision "La Marche du siècle", animée par Jean-Marie Cavada (France 3, 1987-1999 illustrait de la puissance de cette censure [sur les plateaux TV]. Sur un échantillon de 477 invités, Sébastien Rouquette [auteur de "Vie et mort des débats télévisés. 1958-2000"] a dénombré 0,2 % de représentants syndicaux. Parmi les invités en qualité de "professionnels" (conviés à parler de leur métier, Cavada ne s'est pas encombré des catégories populaires. Proportion d'ouvriers : 0,7%; proportion d'employés : 0,7%. En revanche, les cadres et professions intellectuelles supérieures comptent pour 74,6% des invités !" Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 79 - 2007 "Chaque grève et chaque manifestation est un enjeu de lutte entre les acteurs mobilisés et les médias... qui le sont aussi. Car mobilisés, ils le sont effectivement - non simplement pour couvrir l'action, mais pour la soumettre à leurs verdicts : indirectement, par sa mise en mots et en image, et directement, par la mise en scène construite par les journaux télévisés et la mise en perspective offerte par les commentateurs de presse écrite." Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 140 - 2007 "La télévision de la connaissance sera bientôt le privilège des riches et l'instrument privilégié des inégalités." Noël Mamère - La dictature de l'audimat "En vérité je vous le dis, la télévision n'est que le porte-parole du Marché. Elle est là pour persuader petits et grands que la quantité des biens et la qualité de la vie sont une seule et même chose. Vos émissions ont pour vocation de rendre le cerveau humain perméable aux publicités. Vous devez le divertir entre deux messages. Car ce que vous vendez aux annonceurs, c'est du temps de cerveau humain disponible." Michel Piquemal - Le Prophète du libéralisme [satire] - 2005 "La télévision ne produit pas de stars. Elle porte momentanément au pinacle de la notoriété, des journalistes et des animateurs. Que ces vedettes quittent leur emploi, elles sont vite oubliées." Bernard Pivot - né en 1935 - Le Métier de lire "La bagnole, la télé, le tiercé C'est l'opium du peuple de France Lui supprimer, c'est le tuer C'est une drogue à accoutumance" Renaud - né en 1952 - Hexagone "Les chaînes de télévision préfèrent programmer des comiques morts parce qu'elles sont sûres de ce qu'ils vont dire." Laurent Ruquier "En France, après avoir été longtemps un monopole d'Etat, la télévision gravite, depuis la privatisation de TF1, autour d'un quasi-monopole privé qui recueille chaque soir en moyenne de 30 à 40% de l'audience. Depuis les belles années du gaullisme, un certain mépris du public teinte irréductiblement les productions de toutes les chaînes. Il porte la griffe de ces "directeurs de fiction" qui dressent les cahiers des charges dont le principal effet est la castration, subie ou consentante, des scénaristes et des producteurs." Martin Winckler - Les écrans du mépris, Le Monde diplomatique, mars 2004 |