"Tourpilles", le recueil de citationsTravailPage 1 / 3"Le plus grand plaisir humain est sans doute dans un travail difficile et libre fait en coopération, comme les jeux le font assez voir." Emile Chartier, dit Alain - 1868-1951 - Propos sur le bonheur "C'est par le travail que l'homme se transforme." Louis Aragon - 1897-1982 - Article dans l'Humanité "Revenu, achat de prestige et surtravail forment un cercle vicieux et affolé, la ronde infernale de la consommation, fondée sur l'exaltation de besoins dits "psychologiques", qui se différencient des besoins "physiologiques" en ce qu'ils se fondent apparemment sur le "revenu discrétionnaire" et la liberté de choix, et deviennent ainsi manipulables à merci." Jean Baudrillard - 1929-2007 - La Société de consommation - Denoël - 1970, page 99 "Le temps libre, c'est peut-être toute l'activité ludique dont on le remplit, mais c'est d'abord la liberté de perdre son temps, de le "tuer" éventuellement, de le dépenser en pure perte. (C'est pourquoi dire que le loisir est "aliéné" parce qu'il n'est que le temps nécessaire à la reconstitution de la force de travail est insuffisant. L'"aliénation" du loisir est plus profonde : elle ne tient pas à sa subordination directe au temps de travail, elle est liée à l'impossibilité même de perdre son temps.)" Jean Baudrillard - 1929-2007 - La Société de consommation - Denoël - 1970, page 243 "Travail. L'un des processus selon lequel A gagne des biens pour B." Ambrose Gwinett Bierce - 1842-1914 - Le Dictionnaire du Diable - 1906 "Un patron qui ne réussit pas, on le licencie avec un parachute doré, un chômeur qui ne retrouve pas de travail, on l'insulte et lui on enlève ses allocations. C'est ça la valorisation de la force." Martine Billard, député de Paris, citée dans le livre de Patricia Sudolski - Vous croyez que ça m'arrange d'être chômeuse ? - 2005, page 163 "Faire travailler l'argent. Il y a des peuples qui crèvent dans les usines ou les catacombes noires pour velouter la gueule des vierges engendrées par des capitalistes surfins, et aussi pour que "le mystérieux sourire de la Joconde" ne leur soit pas refusé. C'est ce qui s'appelle faire travailler l'argent !" Léon Bloy - 1846-1917 - Exégèse des lieux communs "Le néolibéralisme vise à détruire l'Etat sociale, la main gauche de l'Etat (dont il est facile de montrer qu'il est le garant des intérêts des dominés, démunis culturellement et économiquement, femmes, ethnies stigmatisées, etc.) Le cas le plus exemplaire est celui de la santé que la politique néo-libérale attaque par les deux bouts, en contribuant à l'accroissement du nombre des maladies (à travers la corrélation entre la misère, causes structurales - et la maladie : alcoolisme, drogue, délinquance, accident du travail, etc.) et en réduisant les ressources médicales, les moyens de soigner (c'est l'exemple de la Russie, où l'espérance de vie a baissé de 10 ans en 10 ans ! - de l'Angleterre)." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Contre-feux 2, 2001 "Contrairement à l'idée répandue que la politique de "mondialisation" tend à favoriser leur dépérissement, les Etats continuent en fait à jouer un rôle déterminant au service de la politique qui les affaiblit. Il est remarquable que les politiques visant à déposséder les Etats au profit des marchés financiers ont été édictés par des Etats, et, qui plus est, des Etats gouvernés par des socialistes. Ce qui signifie que les Etats, et tout spécialement ceux qui sont gouvernés par des sociaux-démocrates, contribuent au triomphe du néo-libéralisme, non seulement en travaillant à la destruction de l'Etat social (c'est-à-dire notamment des droits de travailleurs et des femmes, mais aussi en cachant les pouvoirs qu'ils relaient." Pierre Bourdieu - 1930-2002 - Contre-feux 2, 2001 "Le lien entre [les] expériences de monde du travail de plus en plus traumatisantes et la situation économique mondiale marquée par la globalisation s'est fait autour des délocalisations et du dumping social exercé par les nouveaux pays industrialisés, réalité face à laquelle l'Etat se montre impuissant. Ce qui gagne la conscience des milieux populaires, c'est l'effet du descenceur social sur leur vie personnelle. Il s'agit en fait de l'inversion du sens de l'ascenseur social : il n'est pas en panne, il amène simplement ses passagers vers le bas ! Pour les milieux populaires, cette évolution équivaut à une trahison de la République." Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin - Recherche le peuple désespérément - 2009, page 24 "Notre pays est au bord du collapse social. Le discours lénifiant sur la nécessaire solidarité à l'égard des exclus n'est plus opérant. Il y a, évidemment, les travailleurs de l'extrême précarité, qui habitent leur voiture ou même les sous-bois des portes de Paris, mais il y a aussi les millions de français qui travaillent beaucoup pour gagner peu, qui placent parfois dans l'acquisition de leur pavillon quelque espoir de protection contre les lendemains incertains. Les travailleurs pauvres existent, les classes moyennes souffrent, l'espoir d'accéder à "l'ascenseur social" disparaît et les jeunes générations, diplômés ou non, sont confrontées à une précarité croissante." Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin - Recherche le peuple désespérément - 2009, page 65 "J'appelle travail tout effort exempt de plaisir, ou plutôt : un effort qui vous diminue à vos propres yeux." Emil Cioran - 1911-1995 - Carnets 1957-1972, 2 juillet 1970 "La régulation des égoïsmes, tout est là : c'est la grande affaire de la politique. Ne nous racontons pas d'histoires. Si les gens travaillent, s'ils payent leurs impôts, s'ils respectent à peu près la loi, c'est par égoïsme, toujours, et sans doute par égoïsme seulement, le plus souvent." André Comte-Sponville - né en 1952 - L'amour la solitude - 1996 "La reconquête du pouvoir par le possédant en phase triomphante est doublement symbolique : par l'écart gigantesque des revenus, il renoue avec les aristocraties de l'Ancien Régime, dont les dépenses d'apparat entretenaient un monde servile au détriment des productions dirigées vers une consommation moyenne. Mais, par le choix de placements, inscrits dans le fonctionnement capitaliste, il fait prévaloir le profit sur le salaire, c'est-à-dire la transcendance de la propriété monétaire sur le travail ou même sur la jouissance de valeurs d'usage." Denis Duclos - Une nouvelle caste planétaire - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008 "Le colonialisme et l'impérialisme ne sont pas quitte avec nous quand ils ont retiré de nos territoires leurs drapeaux et leurs forces de police. Pendant des siècles les capitalistes se sont comportés dans le monde sous-développé comme de véritables criminels de guerre. Les déportations, les massacres, le travail forcé, l'esclavagisme ont été les principaux moyens utilisés par le capitalisme pour augmenter ses réserves d'or et de diamants, ses richesses et pour établir sa puissance." Franz Fanon - Les Damnés de la Terre - 1961 "La première condition du bonheur est que l'homme puisse trouver joie au travail. Il n'y a vraie joie dans le repos, le loisir, que si le travail joyeux le précède. Le travail le plus pénible peut-être accompagné de joie dès que le travailleur sait pouvoir goûter le fruit de sa peine. La malédiction commence avec l'exploitation de ce travail par un autrui mystérieux qui ne connaît du travailleur que son "rendement"." André Gide - 1869-1951 - Journal 1889-1939, 4 août 1936 >>> Définition : Travail |