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"Tourpilles", le recueil de citations


Travail

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"Depuis de nombreuses générations ils [les humains] savaient que, pour créer de la richesse, il faut des idées, du travail et des outils; des paraphes sur des documents imprimés peuvent tout au plus déplacer les richesses, non les créer. Les clients des banques ont été semblables aux publics naïfs qui, dans les foires, sont séduits par les promesses des bonimenteurs. Ils ont confié leur fortune à des financiers, ceux-ci l'ont convertie en prêts qui ne seront jamais remboursés."
Albert Jacquard - né en 1925 - Le compte à rebours a-t-il commencé ? - 2009, page 93

"Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail."
Jean Jaurès - 1859-1914

"Travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres, vous ayez plus de raisons de travailler et d'être misérables. Telle est la loi inexorable de la production capitaliste."
Paul Lafargue - 1842-1911 - Le droit à la paresse - 1881

"Une étrange folie possède la classe ouvrière des nations où règne la civilisation capitaliste. (…) Cette folie est l'amour du travail, la passion furibonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture."
Paul Lafargue - 1842-1911 - Le droit à la paresse - 1881

"Le capitaliste fait produire et ne produit pas ; fait travailler et ne travaille pas ; toute occupation manuelle ou intellectuelle lui est interdite, elle le détournerait de sa mission sacrée : l'accumulation des profits."
Paul Lafargue - 1842-1911 - La religion du Capital - 1887

"L’Etat pourra disparaître complètement lorsque la société aura réalisé le principe : "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins", c’est-à-dire lorsqu’on sera tellement habitué à observer les règles primordiales de la vie sociale et que le travail sera devenu tellement productif que tout le monde travaillera volontairement selon ses capacités."
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine - 1870-1924 - L’Etat et la Révolution

"Le travail, c'est la vie, et sans lui il n'y a que peur et insécurité."
John Lennon - 1940-1980

"De même que l'accroissement du pouvoir d'un roi n'a pas pour effet un accroissement du pouvoir de ses sujets (c'est plutôt le contraire, l'absolutisme du capital financier n'améliore pas la répartition des richesses et ne crée pas de travail."
Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste - Le Monde Diplomatique, août 1997

"La politique migratoire du néolibéralisme a davantage pour but de déstabiliser le marché mondial du travail que de freiner l'immigration."
Sous-commandant Marcos - Force des armes et force de la raison - Manière de voir n°75 - 2004

"La sélectivité croissante de l'accès au marché du travail dans un contexte de chômage de masse a permis d'inventer des dispositifs visant à imposer une analyse psychologisante des rapports sociaux bien propre à faire douter les salariés de leur valeur personnelle, alors que s'opérait parallèlement le remplacement d'une conception de la justice en termes de "justice sociale" entre groupes par une perspective méritocratique individualisante."
Patrick Massa - Le mythe méritocratique dans la rhétorique sarkozyste : une entreprise de démoralisation - Contretemps n°20

"Tout se passe comme si le travail épuisait l'activité humaine. Or, d'une part l'activité humaine ne se réduit pas au travail, elle est au contraire multiple, et d'autre part, il me semble urgent de réduire la place occupée, réellement et symboliquement, par le travail précisément pour se laisser se développer d'autres activités très nécessaires aussi au bien-être individuel, à la réalisation de soi, au lien social..."
Dominique Méda - cité dans "Manifeste Utopia" - 2008, page 43


"La seule liberté digne de ce nom est celle de travailler à notre propre bien de la manière qui nous est propre, pour autant que nous ne cherchions pas à en priver les autres ou à leur faire obstacle dans leurs efforts pour l'obtenir."
John Stuart Mill - 1806-1873 - De la liberté - 1859

"Les apologistes du travail. - Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l'intérêt général : la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l'aspect du travail - c'est-à-dire de ce dur labeur du matin au soir - que c'est là la meilleure police, qu'elle tient chacun en bride et qu'elle s'entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et la soustrait à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l'amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société, où l'on travaille sans cesse durement, jouira d'une plus grande sécurité : et c'est la sécurité que l'on adore maintenant comme divinité suprême."
Friedrich Nietzsche - 1844-1900 - Aurore - 1881

"La théorie économique justifie l'existence des marchés par leur effet positif supposé sur le bien-être collectif : ils inciteraient les offreurs à produire des biens de bonne qualité à des prix bas. Pour cette raison, et pour cette raison seulement, en tant qu'ils travaillent à l'intérêt général, les profits privés sont tolérés. Il est important de rappeler cette évidence à une époque où le profit semble être devenu une valeur absolue, bonne en elle-même. Or, si on en juge la finance de marché du point de vue de l'intérêt général, on ne peut imaginer échec plus complet."
André Orléan - Directeur de recherche au CNRS - Pourquoi tant de crises ? - Alternatives économiques, hors série n°87, 1er trimestre 2011

"Aujourd'hui, alors que le salariat est plus hégémonique que jamais parmi les actifs, et bien que les statuts précaires d'emploi soient encore minoritaire en termes de stocks, l'insécurité et l'instabilité de l'emploi se généralisent. Les CDD et les l'intérim deviennent la norme d'entrée sur le marché du travail, débouchant de plus en plus difficilement sur l'emploi stable. Parallèlement, la faiblesse et la division syndicales sont sans précédent et fragilisent la défense des travailleurs, tandis que la sous-traitance et la multiplication des très petites entreprises (système de franchise) font éclater les collectifs de travail et concourent à la désertification syndicale. C'est dans ce contexte que le patronat, notamment sous sa forme de multinationales, et les gouvernements de droite ou de gauche à orientation néo-libérale ou ultra-libérale ont déclanché une vaste offensive contre les salariés, en cassant et en remettant en cause une par une ses protections et garanties collectives : réformes des retraites, de la Sécurité sociale, de l'assurance chômage, workfare et casse du droit du travail."
Evelyne Perrin - Nouvelles luttes de classes - 2006, page 133

"Dans cette remise en cause généralisée, ce qui s'affirme est un modèle particulier, un modèle libéral, qui vise à revenir aux fondamentaux du capitalisme originel en faisant de la force de travail une marchandise vraiment parmi d'autres. C'est lui désormais qui s'installe en Europe.
Ce qui le caractérise, c'est moins la flexibilité qu'il requiert - c'est-à-dire sa capacité à ne prendre de la force de travail que ce dont il a besoin - que la précarité qu'il engendre. En détruisant les protections collectives établies, il ne veut connaître que des individus, pour d'ailleurs mieux les laisser, autonomes qu'ils sont supposés être, seuls et nus face à l'insécurité économique."

Jacques Rigaudiat - Le nouvel ordre prolétaire - page 174 - 2007

"L'esclavage humain a atteint son point culminant à notre époque sous forme de travail librement salarié."
George Bernard Shaw - 1856-1950 - Bréviaire du révolutionnaire


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