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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Machiavélisme


Je crois que vous vous êtes laissé entraîner aux grands principes du machiavélisme : ruinez qui pourrait un jour vous ruiner ; assassinez votre voisin qui pourrait devenir assez fort pour vous tuer."
Voltaire - Politique et législation


Définition du machiavélisme


Etymologie : dérivé du nom de Nicolas Machiavel (1469-1527) philosophe florentin, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre.

Le machiavélisme désigne :
  • le système politique développé par Nicolas Machiavel dans ses écrits, notamment "Le prince", écrit en 1513 et publié après sa mort en 1532.

  • par analogie, une doctrine ou des principes d'action politique, sans scrupule moral, guidés par la mauvaise foi et la perfidie et où la fin justifie les moyens. La conquête et la conservation du pouvoir sont recherchées par tous les moyens, y compris la manipulation. Le machiavélisme est fondé sur l'idée que, pour réussir, l'exercice du pouvoir politique doit être indépendant de la morale et de toute obligation de sincérité.

  • par extension, pour des affaires privées, la conduite d'une personne sans loyauté, sans scrupule, faisant preuve de ruse, de fourberie, de perfidie.

Le terme machiavélisme a été créé par l'auteur huguenot Innocent Gentillet (1535-1588). Son ouvrage "Discours sur les moyens de bien gouverner (Anti-Machiavel)", de 1576, contribua à installer durablement des malentendus sur l'oeuvre de Machiavel et à forger sa mauvaise réputation.
"Machiavel est aujourd'hui encore présenté comme un homme cynique dépourvu d'idéal, de tout sens moral et d'honnêteté, ce que définit l'adjectif machiavélique. Or, ses écrits montrent un homme politique avant tout soucieux du bien public, qui cherchait à donner à la République de Florence la force politique qui lui manquait à une période où, paradoxalement, elle dominait le monde des arts et de l'économie. Cependant il ne nourrissait aucune illusion sur les vertus des hommes : puisqu'il partait du présupposé que les hommes sont par nature mauvais. [...]
Si Machiavel n'est pas un défenseur d'une idée du Bien en politique, qu'il juge naïve et incohérente, son but principal est l'efficacité de la politique du prince, pour le bien du prince et donc de sa nation.
Ainsi, les interprétations les plus courantes à son sujet, sinon les plus pertinentes, se divisent en celles qui en font le héraut du machiavélisme, pour qui la fin justifierait les moyens (par exemple Léo Strauss ou tout le courant de l'anti-machiavélisme), tandis que d'autres en font un représentant éminent du courant du républicanisme, tel que, par exemple, Rousseau, qui écrit "En feignant de donner des leçons aux rois, il en a donné de grandes aux peuples. Le Prince est le livre des républicains"...."
(Wikipédia)



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