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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Ordolibéralisme



Définition d'ordolibéralisme


Etymologie : de l'allemand Ordoliberalismus, composé de ORDO, une revue économique allemande, de Ordnung, ordre, et de libéralismus, libéralisme, du latin liberalis, qui concerne la liberté, digne d'une personne libre, généreux, noble, dérivé de liber, libre, sans entraves, indépendant.

L'ordolibéralisme (ou ordo-libéralisme) est une doctrine politique libérale qui, partant du constat que le marché n'est pas un phénomène naturel, attribue à l'Etat le rôle de garantir une concurrence libre et non faussée entre les entreprises pour permettre à l'économie libérale d'atteindre son optimum théorique.

La doctrine ordolibérale serait née Allemagne à partir de 1932 par la rencontre de l'économiste Walter Eucken et des juristes Franz Böhm et Hans Grossmann-Doerth de l'université de Fribourg. Elle se voulait une troisième voie entre le dirigisme étatique (URSS et national-socialisme) et le libéralisme du "laisser-faire" de type anglo-saxon. Cette école du libéralisme, dite de Fribourg, s'exprima à travers la revue ORDO et serait à l'origine du "miracle économique" de l'Allemagne de l'Ouest après la Seconde guerre mondiale. L'ordolibéralisme est considéré comme le fondement du "modèle allemand" et comme ayant eu une forte influence dans la construction de l'Union européenne.

La théorie ordolibérale est fondée sur la mission que doit avoir l'Etat de créer un cadre légal et de le faire appliquer pour encourager une saine concurrence entre les entreprises en empêchant la constitution de monopoles ou d'oligopoles. Cependant l'Etat doit limiter là son action et s'abstenir de tout dirigisme économique ou de toute politique macro-économique conjoncturelle. L'économie est en quelque sorte dépolitisée. L'entreprise, quant à elle, ne doit pas avoir le profit comme seul objectif. Elle a une responsabilité morale et sociale vis-à-vis de la société et de ses salariés. L'ordolibéralisme se différentie clairement du libéralisme classique qui est basé sur la dérégulation et le "laisser-faire".

Parmi les conséquences de l'ordolibéralisme, on peut relever :
  • une banque centrale indépendante du pouvoir politique et oeuvrant pour la stabilité monétaire et une faible inflation ;
  • une politique budgétaire équilibrée ;
  • une fixation des salaires et des conditions de travail partagée entre les employeurs et les syndicats.
L'ordolibéralisme est à l'origine de l'économie sociale de marché.



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