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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Raisonnement par opposition



Définition de raisonnement par opposition


Etymologie d'opposition : du latin oppositus, placé devant, situé en face, opposé, contraire, venant du verbe opponere, placer pour faire obstacle, placer contre, placer en face, opposer.

En dialectique, le raisonnement par opposition est un raisonnement qui met en valeur une thèse ou un jugement en le confrontant à une thèse ou à un jugement contraire afin d'en souligner les différences ou les divergences. Il sert à émettre une objection ou une contre-argumentation face à un contradicteur en mettant en évidence les incompatibilités ou les contradictions de son argument.
    Exemples :
      On ne peut pas vouloir le beurre et l'argent du beurre.
      Les centrales électriques au charbon polluent contrairement aux éoliennes qui sont propres.


Le raisonnement par opposition permet de conclure à la vérité d'une thèse ou d'un jugement à partir de la fausseté d'une thèse ou d'un jugement opposé, ou inversement à la fausseté de l'un en s'appuyant sur la vérité de l'autre.

La légitimité de ce raisonnement dépend de la nature de l'opposition entre l'affirmation A et l'affirmation B.
En logique, trois cas peuvent être distingués :
  • A et B sont contradictoires. L'une affirme le contraire de l'autre. On ne peut avoir A vraie et B vraie à la fois ainsi que A fausse et B fausse à la fois.
    Exemple :
      A : Toutes ces boules sont rouges.
      B : Certaines de ces boules ne sont pas rouges.
    Si le raisonnement permet de montrer que A est vraie, alors on peut en déduire que B est fausse. Inversement si A est fausse alors B est vraie.

  • A et B sont contraires. On ne peut avoir A vraie et B vraie à la fois, mais on peut avoir A fausse et B fausse à la fois ainsi que l'une vraie et l'autre fausse.
    Exemple :
      A : Toutes ces boules sont rouges.
      B : Toutes ces boules sont vertes.
    Si l'on démontre que l'une est vraie, alors on peut en déduire que l'autre est fausse. Mais si l'on démontre que l'une est fausse, on ne peut rien en conclure sur l'autre (savoir que les boules ne sont pas toutes rouges n'est pas suffisant pour savoir si elles sont toutes vertes ou si elles ont d'autres couleurs).

  • A et B sont sous-contraires. On ne peut avoir A fausse et B fausse à la fois, mais on peut avoir A vraie et B vraie à la fois ainsi que l'une vraie et l'autre fausse.
    Exemple :
      A : Au moins l'une des boules n'est pas rouge.
      B : Au moins l'une des boules n'est pas verte.
    Si l'on démontre que A est fausse, c'est-à-dire que toutes les boules sont rouges, alors on peut affirmer que B est vraie. Mais si l'on démontre que l'une est vraie, on ne peut rien en conclure sur l'autre (car on n'a pas d'information sur la couleur des boules qui ne sont pas rouges).



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