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Uberisation, uberiser


Définition d'uberisation, uberiser


Etymologie : mot composé à partir du nom de l'entreprise américaine Uber, qui développe et exploite des plateformes mettant en relation des chauffeurs pour des services de transport avec des usagers via leurs téléphones mobiles. Le mot a été créé en 2014 à partir du néologisme uberiser, utilisé pour la première fois par Maurice Lévy, PDG du groupe de communication Publicis.

Le terme uberisation (ou ubérisation) désigne un nouveau modèle de commerce qui tire parti des nouvelles technologies numériques et qui s'inscrit dans le cadre de l'économie collaborative, en mettant en relation directe et quasi-instantanée des clients et des prestataires fournisseurs de ressources, avec un coût de revient réduit et des prix très bas. Ce nouveau modèle entre en concurrence frontale avec les pratiques du commerce classique.
Depuis 2016, le Petit Robert définit le verbe ubériser par "déstabiliser et transformer avec un modèle économique innovant tirant parti des nouvelles technologies".
Dénoncée comme une concurrence déloyale, l'uberisation souligne la déstabilisation du modèle économique classique de certaines professions soumises à des règles strictes, la mutation profonde de l'activité, l'individualisation du travail et l'inadaptation de la législation du travail.
Exemples : l'uberisation du travail, l'uberisation de la société, l'uberisation des banques.


Caractéristiques de l'uberisation :
  • L'utilisation poussée des nouvelles technologies numériques (haut débit, smartphones, tablettes et internet mobile, géolocalisation, etc.)
  • Des gains importants sur les coûts :
    • en s'affranchissant des contraintes réglementaires et législatives que doit supporter la concurrence classique,
    • en mutualisant les ressources,
  • La mise en relation de manière quasi-immédiate du client et du prestataire en fonction de leur proximité géographique, par une plateforme numérique.
  • Les clients qui paient la plateforme et les prestataires payés par la plateforme après le prélèvement d'une commission.
  • L'évaluation réciproque des clients et des prestataires.

Exemples de domaines d'activité touchés par l'uberisation :
  • Transport de personnes (Uber, Blablacar),
  • Hôtellerie (Airbnb, Booking.com),
  • Immobilier (seloger.com, DingDong),
  • Editions / Distributeurs de livres (Amazon Publishing),
  • Restauration (UberEats, Deliveroo),
  • Travaux d'entretien et de réparation (MesDépanneurs, HelloArtisan),
  • Banques (financement participatif),
  • Etc.

Conséquences pour les clients :
  • Des prix plus intéressants,
  • La simplicité et la réactivité,
  • La sécurisation de la relation commerciale assurée la plate-forme.

Conséquences pour les prestataires :
  • Un accès facilité à la clientèle,
  • Des opportunités de compléments de revenus et de diversification d'activité,
  • Un statut de travailleurs indépendants (notamment le régime micro-entrepreneur) et l'absence de couverture par le droit du travail,
  • La gestion par eux-mêmes de :
    • leur affiliation au régime de protection sociale et de prévoyance,
    • leur comptabilité,
    • les questions fiscales,
    • les aspects règlementaires de leur activité.
  • La précarité des revenus qui sont tributaires de la politique tarifaire de la plateforme.

Conséquences financières pour l'Etat :
  • des recettes de particuliers prestataires non déclarées (impact sur l'impôt sur le revenu et la TVA),
  • moins de cotisations chômage, sécurité sociale et retraite,
  • une optimisation fiscale de la part de plateformes sont implantées à l'étranger.



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