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Tourpilles
Recueil de citations


Patron



"La tentation d'être un chef juste et humain est naturelle dans un homme instruit ; mais il faut savoir que le pouvoir change profondément celui qui l'exerce ; et cela ne tient pas seulement à une contagion de société ; la raison en est dans les nécessités du commandement, qui sont inflexibles. C'est pour cette raison qu'un député doit se garder d'être ministre, et qu'un ouvrier doit se garder d'être délégué au conseil des patrons, ou chef de syndicat. On demande où mènerait ce système de refus. C'est premièrement la négation d'un système effrayant ; et je crois que les saints firent beaucoup contre l'ancienne inégalité par un refus d'être évêques, prieurs, abbés. Dieu ou non, salut ou non, ils avaient reconnu le piège des pouvoirs. Ils étaient un vivant reproche aux prélats décorés. La religion n'a fait que traduire en images vives l'éternelle situation des hommes en société, où tout est réglé de façon que les pauvres gens perdent bientôt leurs amis et leurs conseillers. Les boursiers, aujourd'hui, renient promptement le peuple d'où ils sortent. Cette trahison se colore de grands mots. Aimer son pays c'est toujours, selon l'opinion régnante, aimer la gloire, la richesse et le pouvoir. Cette vertu est un peu trop facile. Choisir le métier de chef, c'est un choix de bien-être."
Emile Chartier, dit Alain - 1868-1951 - Souvenirs de guerre - Les Passions et la Sagesse

"Il y a des patrons de gauche - - Il y a aussi des poissons volants, mais qui ne constituent pas la majorité du genre."
Michel Audiard - 1920-1985 - Le Président - 1961

"Un patron qui ne réussit pas, on le licencie avec un parachute doré, un chômeur qui ne retrouve pas de travail, on l'insulte et lui on enlève ses allocations. C'est ça la valorisation de la force."
Martine Billard, député de Paris, citée dans le livre de Patricia Sudolski - Vous croyez que ça m'arrange d'être chômeuse ?, 2005, page 163

"Comme le disait un célèbre patron "dépeceur" d'entreprises à rentabiliser : "l'entreprise appartient à ceux qui investissent dedans, pas aux employés, pas aux fournisseurs, et pas à la localité où elle est située". Cet homme, responsable du licenciement de dizaine de milliers de personnes, rappelait la vraie hiérarchie, et désignait, de fait, le propriétaire comme seul véritable citoyen libre."
Denis Duclos - Né en 1947 - Une nouvelle caste planétaire, Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008

"La réaction étonnée de M. Louis Schweitzer, alors président-directeur général de Renault, au tollé provoqué par la brutalité des fermetures d'usines en Europe au nom d'une baisse de rentabilité (les marchés ont réagi à la liquidation du site de Vilvorde par une augmentation de 12% des actions de Renault est significative de l'auto-intoxication des cercles de direction. Considérant comme acquise, indiscutable, "rationnelle et réelle", une course à la dérégulation poussée plus loin qu'aux Etats-Unis, les grands patrons s'enferment dans une muraille de conscience pure et réussissent (pour combien de temps ? à faire partager leur conviction à ceux de leurs subordonnées les moins en danger de licenciement ou de précarisation."
Denis Duclos - Né en 1947 - Une nouvelle caste planétaire, Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008

"Plus mon cigare raccourcit, et plus je dois tendre le bras vers le cendrier. Un patron aussi a ses soucis."
Philippe Geluck - né en 1954 - Le meilleur du chat

"Plus les grands patrons néolibéraux augmentent leurs revenus, plus ils estiment excessif le "coût de la main-d'oeuvre"."
Jean-François Kahn - né en 1938 - Dictionnaire incorrect, 2005

"Dans cette nouvelle organisation capitaliste, le précariat devient structurel, et pour les patrons, il s'agit de lui faire supporter le risque de l'emploi, d'externaliser tout ce qui était protection sociale et garantie collective contre la perte d'emploi."
Evelyne Perrin - Née en 1940 - Intervention au Forum Social Européen de Londres, 24 octobre 2004

"Aujourd'hui, alors que le salariat est plus hégémonique que jamais parmi les actifs, et bien que les statuts précaires d'emploi soient encore minoritaire en termes de stocks, l'insécurité et l'instabilité de l'emploi se généralisent. Les CDD et les l'intérim deviennent la norme d'entrée sur le marché du travail, débouchant de plus en plus difficilement sur l'emploi stable. Parallèlement, la faiblesse et la division syndicales sont sans précédent et fragilisent la défense des travailleurs, tandis que la sous-traitance et la multiplication des très petites entreprises (système de franchise) font éclater les collectifs de travail et concourent à la désertification syndicale. C'est dans ce contexte que le patronat, notamment sous sa forme de multinationales, et les gouvernements de droite ou de gauche à orientation néo-libérale ou ultra-libérale ont déclenché une vaste offensive contre les salariés, en cassant et en remettant en cause une par une ses protections et garanties collectives : réformes des retraites, de la Sécurité sociale, de l'assurance chômage, workfare et casse du droit du travail."
Evelyne Perrin - Née en 1940 - Nouvelles luttes de classes, 2006, page 133

"Les raisons de rejeter la violence sont nombreuses. Rappelons d'abord quelques évidences d'ordre tactique.
D'abord il faut demander à ceux qui préconisent le recours aux armes, ou même la violence plus modérée des affrontements ponctuels avec la police à coup de pavés et, plus rarement de cocktails Molotov, comment il compte gagner quoique ce soit avec un rapport de force aussi défavorable. Ils ne pensent évidemment pas que c'est en tuant ou en effrayant quelques policiers qu'on tue la fonction policière, que c'est en tuant tel ou tel grand patron qu'on élimine les mécanismes sociaux qui amènent un individu à se faire exploiteur pour survivre dans la jungle de la concurrence. S'agit-il de convaincre d'autres secteurs de la population de rejoindre les barricades ? La vertu exemplaire de l'émeute n'a pas été démontrée à ce jour, ni surtout sa capacité à construire une alternative à ce qu'elle combat."

Xavier Renou - Petit manuel de désobéissance civile, 2009, page 27

"La civilisation se mesurera aux mois de vacances que les travailleurs arracheront aux patrons."
Maurice Toesca - 1904-1998

"Un bon patron préfère perdre de l'argent, que donner de l'argent."
Georges Wolinski - né en 1934

"Leur talent principal [aux grands patrons] consiste à savoir échapper à la concurrence : contrôle de l'Etat, tactiques pour réduire la charge de l'impôt, sous-évaluation momentanée d'actifs, crédulité des investisseurs, rumeurs... Même lorsqu'ils plaident pour une "société de concurrence parfaite", ils font leur fortune en exploitant les imperfections de l'économie de marché !"
Ouvrage collectif - L'homme et le marché, 2006




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