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Empreinte écologique

En complément de la définition du Toupictionnaire



Avant d'être une mesure, l'empreinte écologique (ou empreinte environnementale) est un indicateur. Un indicateur est un outil d'évaluation. Celui-ci permet d'évaluer l'état de l'environnement, on parle alors d'un indicateur environnemental.

En tant que science l'écologie s'appuie sur des mesures et des calculs. Les mesures et les données scientifiques constituent des connaissances. Pour que ces connaissances puissent profiter au commun des mortels (qui se doit aujourd'hui d'être un bon "éco-citoyen"), elles ont besoin d'être traduites dans un langage qu'il puisse comprendre. C'est là qu'intervient le discours, porté notamment ici par les écologistes. Afin de donner plus de clarté aux données scientifiques, le discours écologiste utilise donc différents indicateurs, notamment l'empreinte écologique. Mais aussi l'empreinte carbone, l'empreinte eau, l'empreinte énergétique, parfois encore l'empreinte biodiversité, l'empreinte azote etc. Comme l'écologie est un vaste domaine et que tout est lié, nous pouvons déjà résumer en disant que l'empreinte écologique tente de simplifier en regroupant tous ces indicateurs (empreintes) sensés nous indiquer l'impact humain sur la nature.

Pour éviter des controverses de toutes sortes, il faut déjà que la mesure ne puisse pas être discutée. Pour cela la méthodologie (instrument de mesure, fiabilité, étalonnage, façon de l'utiliser, facteurs d'incertitudes etc.) doit être claire et admise par tous. On peut dire alors que la mesure donne un résultat objectif. C'est ainsi que nous pouvons affirmer qu'en 2020 le taux moyen de CO2 dans l'atmosphère était de 417 ppm, que le niveau des océans est monté de 14 cm en un siècle, que la planète compte aujourd'hui 7,8 milliards d'habitants (à quelque chose près = incertitude de mesure) etc.

Par contre lorsque l'instrument n'est pas fiable, l'incertitude de mesure trop grande etc. dans ce cas on peut dire que la mesure vaut ce qu'elle vaut. Or un indicateur n'est pas une mesure, mais un outil d'évaluation, un instrument de mesure. Autrement dit dans certains cas ces indicateurs ne veulent pas dire grand chose, si ce n'est rien du tout. Si on cherche à calculer le "bilan carbone" de telle ou telle activité, ou de tel ou tel produit sur la totalité de son cycle de vie (de la conception au recyclage), on s'aperçoit que selon les différentes méthodes utilisées les résultats varient du simple au double, voire au triple ou plus. Même chose avec l'empreinte eau (Waterfootprint), lorsqu'on d'un côté on nous annonce par exemple qu'il faut 15.000 litres d'eau pour produite 1kg de viande de bouf, alors que d'un autre (Inra) on nous dit 550 à 700 litres.
Ces indicateurs ne sont toutefois pas dénués d'intérêt mais ils doivent être maniés et interprétés avec beaucoup de prudence, et en parfaite connaissance des controverses dont ils sont l'objet.

L'empreinte écologique s'exprime en termes d'hectares et par an, par extension on la trouve aussi exprimée en nombre de planètes. Ainsi on peut dire que si les 7,8 milliards de terriens vivaient comme le Français moyen il nous faudrait alors 2,5 ou 3 planètes Terre, et 5 ou plus s'ils vivaient comme l'Américain moyen. Ce qui est beaucoup plus "parlant" puisque tout le monde sait que nous n'en avons qu'une. Tout aussi "parlant", le Jour du Dépassement est sensé nous indiquer que nous avons consommé l'ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an. En 2020 il a été estimé au 20 août, ce qui sous-entend que du 21 août au 31 décembre nous aurions vécus "à crédit". Mais heureusement au 1er janvier on remet le compteur à zéro. En attendant ces indicateurs occupent beaucoup de monde, dont l'ONG américaine Global Footprint Network.


Léon 65, 03/03/2021



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