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Une utopie réalisable





Chacun s'accorde à penser que notre société est à bout de souffle, mais personne ne propose réellement de solutions à hauteur des problèmes identifiés. Or, nous avons une obligation de résultat si nous souhaitons voir l'humanité perdurer.
"Une utopie réalisable" est une simple ébauche de ce qui nous semble pouvoir et devoir être entrepris après inventaire et mise en forme. Certaines propositions originales choqueront sans doute le lecteur. Au lieu de réagir négativement, nous souhaitons que celui-ci avance et enrichisse
le débat avec ses propres idées.
  • Où sommes nous ?
    Nous évoluons sur une planète privilégiée perdue dans un univers hostile, fait de roches, de gaz de particules, et soumis à des températures extrêmes. Cet univers a-t-il été conçu ou non par un dieu " créateur" ? Personne ne peut apporter à ce sujet de réponse pertinente. Le problème religieux doit donc se cantonner au niveau de la conscience individuelle et non collective.
    La vie a envahi la terre ; trois règnes s'y côtoient : l'animal, le végétal et le minéral. Mais au cours de ces deux derniers siècles, un animal : l'homme, a pris le contrôle de l'ensemble or, visiblement la situation lui échappe et il ne sait comment gérer cette planète dont il s'est arrogé la propriété.

  • Nos problèmes
    Une trop rapide augmentation de la population, multipliée par sept en deux siècles, appelait de profondes transformations sociales, mentales, économiques environnementales et d'infrastructures sans communes mesures avec les moyens disponibles et les politiques suivies durant la même période.
    En même temps que le nombre de bras augmente les besoins en main d'ouvre diminuent, du fait de la mécanisation, de la robotisation et de la course à la productivité.
    Une fraction non négligeable de la population, ne dispose pas de moyens d'existence décents, tandis qu'une infime minorité accumule des richesses de façon démesurée.
    L'homme, excelle dans les sciences et la production, mais il est totalement dépassé aux plans : politique, économique et même philosophique. L'environnement se dégrade, les ressources s'épuisent.
    Arrêtons là le constat, et donnons-nous comme objectif d'imaginer un type de société ou l'humanité toute entière trouve sa cohésion et gère "en bon père de famille", l'ensemble de la planète.

  • Que souhaitons-nous ?
    Comme nous le constaterons ci-dessous, c'est une utopie techniquement réalisable, mais mentalement impossible, car nous avons des difficultés à abandonner nos repères habituels. Quatre questions essentielles pour le devenir de l'humanité :
    1. Population : combien d'hommes et avec quel niveau de vie, la planète peut-elle admettre sans mettre en cause les équilibres naturels ?
    2. Moyens d'existence : comment permettre à chaque individu de se nourrir, d'être protégé soigné, éduqué tout au long de sa vie ?
    3. Sécurité : comment assurer la sécurité collective et individuelle ?
    4. Environnement : comment laisser à nos successeurs une planète non épuisée ou dégradée ?

  • Que pouvons-nous ?
    Voici les réponses que j'entrevois au plan "technique" :

    1. Gouvernance mondiale
      Confier à un gouvernement mondial, émanant d'une ONU complètement redéfinie, les grandes orientations qui s'imposent désormais à l'humanité. Ce gouvernement disposerait de deux atouts majeurs : d'une monnaie unique et d'une armée mondiale, constituée de l'ensemble des armées nationales; soustraites à l'autorité des gouvernements nationaux. Il serait le garant des "droits de l'humanité", des "droits de l'homme" et du " droit au travail pour tous". Les notions de pays et de nations ne seraient nullement remises en cause. Par contre les régimes seraient obligatoirement des démocraties.

    2. Population
      Nous savons calculer la population globale admissible en fonction des ressources planétaires et du niveau de vie. Par exemple actuellement 1,2 milliard d'habitants peuvent vivre comme un américain moyen, ou 33,6 milliards comme dans les pays les plus pauvres. Nous sommes 7 milliards d'hommes sur terre et ce chiffre s'accroît environ d'un milliard tous les douze ans. Une politique contraignante de limitation des naissances permettrait de réguler ce "paramètre" en posant comme donnée fondamentale qu'il est préférable d'éviter une naissance que de tuer un être humain par la sélection naturelle, la misère ou la guerre. Il pourrait même être envisagé de revenir à une population mondiale de l'ordre de 4 milliards dans deux ou trois siècles.
      Limiter les naissances : on sait faire !

    3. Moyens d'existence
      Je vais essayer de préciser ma pensée de façon caricaturale, car je ne suis pas un spécialiste et le domaine est trop vaste.
      Ce que chacun peut constater c'est qu'une activité permet de dégager de la richesse, mais implique salaires, investissements, frais de fonctionnement dividendes et impôts, au sens large du terme. On se rend compte que nos états modernes sont de plus en plus impliqués en matière de fonction publique, d'infrastructures et de réduction des inégalités. Tout le monde réclame de plus en plus de moyens. Or ces moyens proviennent soit de l'impôt soit de la dette.
      Quel que soit le cas de figure, l'écart entre objectifs souhaitables et moyens disponibles ne peut que s'accroître. Celui qui prétendrait le contraire dans le système actuel se trompe ou nous trompe.
      Il faut donc trouver autre chose : sorte de synthèse entre communisme et capitalisme.
      Le développement des techniques et plus particulièrement de la robotisation laisse de plus en plus de monde en dehors du circuit traditionnel du travail. Parallèlement une quantité énorme de taches utiles, ne sont pas accomplies, car elles apparaissent contre-productives. Or, dans le droit de l'humanité doit figurer un droit au travail pour tous. La solution consiste à concevoir une société à trois vitesses et un financement adapté :
      1. On garde le schéma actuel du capitalisme, mais on supprime l'impôt, inégalitaire, impopulaire et cher à récupérer.
      2. On réorganise la fonction publique en tenant compte de son financement par la banque mondiale.
      3. On crée un circuit social, chargé de procurer impérativement un emploi à tous ceux qui n'ont pu s'intégrer ou se maintenir dans les deux précédents circuits économiques.
      Ce secteur est également financé par la banque mondiale dans le cadre du budget préparé par chaque état et accepté par le gouvernement mondial.
      Les tâches susceptibles d'être réalisées dans ce troisième circuit sont innombrables, en voici quelques exemples : surveillance et soins aux personnes âgées, aux enfants, aux infirmes, amélioration du cadre de vie dans un quartier, une ville, un pays, entretien des forêts, reboisement, formation des adultes, lutte contre la désertification, soutien scolaire, actions citoyennes, etc.
      Des critères de rentabilité doivent être pris en compte dans ce troisième secteur afin que tout salaire versé corresponde à un travail effectif, utile et de qualité. Les négligences sont sanctionnées par une mise à pied temporaire et sans salaire. Tout travail procurant un pouvoir d'achat, le secteur concurrentiel s'en trouve dynamisé. Concrètement : les salaires sont plus attractifs dans les deux premiers circuits que dans le troisième. Chacun trouve néanmoins, un emploi correspondant à ses mérites et motivations et peut passer d'un secteur à l'autre.

      Financement du secteur non concurrentiel
      On pose comme objectif économique mondial, que dans le délai raisonnable d'un siècle, tous les états disposeront s'ils le souhaitent de moyens d'existence équivalents, en s'efforçant de niveler plutôt vers le haut que vers le bas. Le gouvernement mondial a la maîtrise de la monnaie unique. Celle-ci ne peut donc s'apprécier ou, se déprécier par rapport à aucune autre. Il convient seulement de conserver un équilibre entre le montant global de la monnaie émise et le volume total des biens et services proposés. Cela est rendu possible grâce à un circuit court de la monnaie. On ne thésaurise plus, puis que l'on est garanti de percevoir des revenus tout au long de son existence grâce au droit au travail et à la retraite. La discrimination par l'argent disparaît. Seul, le train de vie distingue les plus productifs et les plus créatifs. On peut envisager qu'une grille des rémunérations impose qu'aucun homme ne puisse percevoir un salaire ou revenu supérieur, par exemple, à 50 ou 100 fois le salaire minimum. La motivation reste cependant suffisante pour que le génie humain continue de s'affirmer.
      Le montant des retraites est indexé sur le salaire moyen perçu au cours de la vie active. Les handicapés perçoivent le salaire minimum s'ils ne peuvent travailler.
      Les moyens financiers ne doivent pas provenir de l'impôt, ils sont simplement émis par la banque mondiale selon une planification et une modélisation à mettre sur pied. Ils se traduisent pour chaque pays par des droits de tirage équivalents au budget présenté par chaque état et accepté par l'autorité mondiale. L'argent émis doit couvrir tous les besoins de la fonction publique, les investissements publics et le droit au travail pour tous, selon un taux de progression devant permettre une parité économique de tous les états à échéance d'un siècle.
      En résumé, le gouvernement mondial édite de la monnaie qui lui permet de financer la fonction publique et de payer tous les travailleurs des secteurs : public et social. Une consommation normale s'effectue tout au long de l'année, consommation à laquelle doit s'adapter et répondre le secteur concurrentiel.
      Il conviendra de prévoir un système de régulation pour "éponger" l'excèdent de monnaie qui aurait pu être émis par rapport aux biens et services disponibles et éviter la reconstitution de très grosses fortunes ainsi qu'une inflation mondiale.
      Ce n'est pas une mince affaire que de tenter de planifier et modéliser tout cela tant aux échelons nationaux qu'au niveau mondial. C'est donc un véritable défi à relever conjointement par les informaticiens, les économistes new-look et les industriels.
      Il semble difficile d'affirmer la possibilité ou l'impossibilité d'entamer une telle démarche au niveau mondial. Par contre la faisabilité pourrait être vérifiée en chargeant l'ONU de mettre en place un tel système dans une Ile réputée pauvre telle que Haïti et la République Dominicaine sa voisine mieux développée.
      Du travail et des moyens d'existence pour tous : on peut faire !

    4. Sécurité
      • Sécurité collective
        Il faut absolument retirer à tous les chefs d'Etat le droit et la possibilité de faire la guerre. À cet effet toutes les armées sont placées sous l'autorité du gouvernement mondial. Chaque état fournit et entretient le contingent qui lui est assigné, mais celui-ci est cantonné, 50% sur le territoire national, 50% à l'étranger, afin d'échapper à toute tentative d'utilisation de l'armée nationale par les gouvernements locaux. Chaque état doit donc héberger sur son territoire en contre partie une quantité équivalente de militaires étrangers. L'armée mondiale intervient à l'initiative du gouvernement mondial pour régler toute velléité de conflit.
      • Sécurité individuelle
        Police et gendarmerie disposent également des moyens militaires pour leur action de prévention ou de répression. Les prisons sont réduites n'ayant pas prouvé leur efficacité. Toutefois, la société doit se protéger efficacement contre tous ceux qui l'agressent. Les peines prévues par le code pénal doivent être totalement révisées.

      Assurer la sécurité individuelle et collective : on sait faire !

    5. Environnement
      Actuellement, la protection de l'environnement grève les prix de production, on fait donc semblant de prendre en compte ce problème, mais en réalité, il est largement marginalisé. Les océans se vident de leur faune, les puits de pétrole s'épuisent, les nappes phréatiques se dessèchent, les forêts disparaissent, la planète se réchauffe etc.
      Le droit au travail et la monnaie unique permettent de traiter cette question au fond, et d'inverser la tendance à la dégradation. De très grands travaux peuvent être entrepris tels que reconstitution des forêts tropicales, arrêt de la désertification, reconquête progressive des déserts, recyclage systématique des matières premières, dépollution des sites, amélioration des paysages urbains, recherche d'énergies nouvelles : fusion nucléaire, batteries non polluantes pour stocker l'électricité des voitures, etc. Protéger l'environnement : on sait faire !

    6. Utopie ou non ?
      A priori, tout ceci procède du rêve et ne peut être suivi d'effet car les mentalités ne sont pas prêtes aux nécessaires adaptations.
      "Pouvoir" n'est pas "vouloir" !
      On ne sait pas faire !
      • Dégager un consensus
      • Prévoir et organiser à moyen et long terme
      • Changer d'échelles de valeurs

      Avant de renoncer il serait bon, sous l'autorité de l'ONU, que chacune de ces suggestions soit soumise respectivement à des groupes de philosophes, de scientifiques, d'économistes, et de politiques d'horizons différents, en leur demandant :
      • D'en faire une critique comparative et constructive par rapport à la situation actuelle
      • De vérifier leur cohérence et leur faisabilité
      • En cas d'adhésion significative à ces principes, il leur appartiendrait également d'échafauder un calendrier sur une quarantaine d'années pour la préparation et la mise en ouvre toujours sous l'égide de l'ONU.

      Mais là encore nous sommes en pleine utopie, car l'ONU ne peut être mandatée que par des gouvernements et aucun gouvernement ne cautionnera, une future amputation de ses prérogatives sur les deux pôles du pouvoir que sont l'armée et la monnaie.
      Si une action doit se dessiner, pacifiquement elle ne peut démarrer que de la base, organisée en associations : locales, nationales, internationales. Il est certain qu'un foisonnement d'idées pourrait en sortir via Internet, prouvant que d'autres choix sont possibles essentiels et urgents.
      Lorsque les médias s'empareront à leur tour du sujet, les responsables politiques aiguillonnés par leur base seront enfin contraints de s'occuper des vrais problèmes de l'humanité.


Michel Odinot, 7/02/2013



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