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Pierre Tourev

Forum : Projet de société

(23 messages)

Présentation du forum :

Cette rubrique du forum est consacrée à l'article : La fin des projets de société ?, du 14/08/2017.


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Vesporium   -   2019-09-14 - 00:08
Texte sur mes Recherches pour le(s) Projet(s) de Société(s) : Partie 6
Reste une question concernant l'élaboration de ce projet de société, et c'est pour ça que j'ai mis des parenthèses : à quel niveau on fait ça ? et qu'est-ce qui rentre dans son champ d'action ? Le contractualisme (social-libéral) tendrait à laisser les individus choisir ce qui est le mieux possible pour eux, et en conséquence s'associer pour former le niveau étatique correspondant, alors que le conséquentialisme tendrait à donner le choix et la responsabilité de l'action à mener à l'entité compétente la plus proche de ceux qui sont directement concernés par cette action. Les deux ne sont pas du tout opposés, et tendent même au principe de subsidiarité, et au fédéralisme, dans le cadre duquel les deux niveaux les plus "naturels" seraient l'individuel et le global, ce dernier se concrétisant par un niveau mondial/planétaire/humanité, qui devrait servir à éviter toute guerre humaine interne, et régler des problèmes dépassant un cadre plus restreint. Donc tous les niveaux intermédiaires sont des constructions humaines artificielles (au grand désarroi de tous les (ultra-)nationalistes et autres unitaristes). Ce qui se passe derrière la frontière va nous impacter, et donc il vaudrait mieux en tenir compte. S'y intéresser dans les programmes scolaires d'histoire serait d'ailleurs déjà un bon début (en allant toujours dans le sens chronologique, donc en essayant au maximum de ne pas/plus faire de(s) "zigzags" temporels). Si l'on veut faire ce découpage fédéral intégral à terme, il faut/faudrait prendre les cartes pour voir la situation sur le terrain, et consulter la population [*pas avec du scrutin uninominal et/ou binaire, hein], à la fois voir de quoi les gens ont besoin [*avec le recul je me dis que ça c'est méga galère parce qu'il y a une forme de
"vote utile", les gens sont incités à mentir], et à la fois qu'est-ce qui risque le mauvais "impactment". Chaque niveau serait centré sur certains aspects [*par rapport au commentaire de Dragan, je précise que je ne cherche/propose pas du tout une hiérarchie anti-anarchiste], par exemple l'enseignement devrait aller au niveau partageant une même langue commune (c'est à un niveau supérieur qu'on a la/les langue(s) type espéranto, dont j'ai longuement détaillé les fonctions et les utilisations dans le forum "Langue Dragonne"). On voit déjà se mettre en place des "états semi-continents" (qui pourraient d'ailleurs être représentés au niveau mondial) qui sont les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde, le Brésil. Or leur découpage est avant tout issu de conditions géopolitiques et de "mauvaises causes" et qui ne sont du coup pas adaptés. Or dans une telle situation, une grande partie du monde est exclue de ce niveau. D'ailleurs on se demande ce qu'on attend pour faire de l'Union Européenne un d'entre eux, ne serait-ce que pour ne pas laisser à ce niveau Vladimir Poutine, Xi Jingping, Narendra Modi, Donald Trump, et désormais Jair Bolsonaro, bref que des gens très sympathiques avec une politique tout à fait sûre (ironie). Cependant les champs d'action de ces niveaux fédéraux de pouvoir ne seraient pas forcément que territoriaux.

Vesporium   -   2019-09-14 - 00:00
Texte sur mes Recherches pour le(s) Projet(s) de Société(s) : Partie 5
Donc pour ces deux principaux travaux qui préparent le projet de société, on a deux méthodes : la démonstration (: rationalisme) et l'expérience (: empirisme) qui s'y rajoute pour vérifier que ça fonctionne bien (mais en fait que dans ces conditions).
De manière générale, il s'agit d'analyser tous les éléments et aspects possibles testés, pour retenir ceux qui parviennent le mieux à répondre à ce que l'on veut, dans une démarche éclectique. C'est notamment ainsi que j'ai procédé (*les chercheurs sur ce sujet aussi, bien sûr) pour arriver aux mécanismes institutionnels que je soutiens ici depuis des mois [*jugement majoritaire, vote unique transférable, plusieurs types de pouvoirs (je recase ici des exemples des "points manquants")]. Mais bien sûr je suis prêt à les remplacer si on trouve mieux. De manière générale, il me semble très important de séparer les deux principaux travaux (d'une part déterminer ce qui est, et d'autre part déterminer ce qu'on veut).

Vesporium   -   2019-09-13 - 23:56
Texte sur mes Recherches pour le(s) Projet(s) de Société(s) : Partie 4
Alors pour résumer cette partie, le travail nécessaire pour élaborer le fameux projet de société se scinde en deux parties : d'une part, quels sont les objectifs à atteindre (ce que vous soulignez Léon, en disant que « nous n'avons toujours pas défini où nous voulions aller »), travail établi par les individus dans les meilleures conditions possibles pour s'exprimer (« nous avons aujourd'hui la chance d'avoir les outils pour échanger, pour réfléchir, pour nous exprimer »), et d'autre part, quels sont les conditions actuelles, les "limites, [l]es lois de la nature et de la physique", qu'est-ce que tel ou tel mécanisme va entraîner, et cette partie doit aussi nous permettre de ne pas oublier que ce que l'on recherche en dépend en fait. Et on a donc 2 piliers : Volonté d'une part, et Vérité d'autre part [* à peu près octobre 2018, depuis j'ai trouvé des termes plus exacts pour décrire ça]. Alors que je l'avais d'abord intégré, j'ai fini par retirer de mon triptyque la Justice, celle-ci n'étant (comme les autres organisations) qu'une création humaine qui doit/devrait donc nous servir. Nous n'avons donc pas de droit naturel, le droit étant un construit que l'on va justement construire dans le fameux projet de société, et qu'on peut donc chercher à améliorer en permanence.
C'est pourquoi je ne vois plus la justice comme ayant pour but de "punir", mais plutôt pour assurer la sécurité des citoyens (point que je reprendrai plus tard), et surtout mettre en place des mécanismes incitant/forçant les individus à ne pas faire ce qui a été défini (selon la double méthode vue précédemment) comme "mauvais" dans le projet de société. C'est d'ailleurs selon moi l'erreur relevée par Damien Dubot dans son premier commentaire de la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=CvmMUuhGMNg&t "Le destin existe t-il ? [sondage #8]" de Datman. La justice, dans le sens institutionnel, fonctionne aujourd'hui massivement sur des principes "moraux" (il me semble), tout autre chose qu'une approche conséquentialiste, sur laquelle je vous conseille de voir les "7 expériences de pensée avec Science4All | Argument frappant #6 (Ep.1)" , la suite "Le retour de l'utilitariste |Argument frappant #6 (Ep.2)", et la fin "Retour sur l'utilitarisme – Axiome 3 (extraits)" de "Monsieur Phi" sur https://monsieurphi.com/2017/09/04/7-experiences-de-pensee-avec-science4all-serez-vous-utilitariste-jusquau-bout-argument-frappant-6/.

Vesporium   -   2019-09-13 - 23:53
Texte sur mes Recherches pour le(s) Projet(s) de Société(s) : Partie 3
Donc maintenant allons-y, fixons ces règles pour atteindre les objectifs souhaités, établissons ce contrat social, « ce nouveau cadre qui permettra de définir ce projet de société ». Oui mais comment faire ? Et puis comment trouver les meilleurs éléments pour ce faire ? Déjà il faut mettre tout le monde dans de bonnes conditions pour s'exprimer et se comprendre, d'où ma recherche de moyen de communication le plus accessible et le plus adapté possible pour les humains, concrétisée par ma position pro-espéranto (si on trouve mieux, je suis preneur), que j'ai largement développée dans le forum "Langue Dragonne". C'est pourquoi, comme je l'ai dit « j'essaye de proposer des choses d'une part pour rendre accessible le débat d'idée, et d'autre part pour faciliter l'expression lors du vote. »
Or comme disait Léon, ce "projet [doit tenir] réellement compte des limites, des lois de la nature et de la physique". J'ai lu l'article "Du matérialisme à la révolte" avec lequel je suis d'accord sur tout sauf sur le sens du "déterminisme". Tel qu'il m'a été présenté, et tel que je l'ai trouvé dans toutes mes recherches, il n'inclut aucune "providence" et ne doit pas être confondu avec le fatalisme, la prédestination, et autres destins. Bon c'est pas la première fois que le déterminisme semble être compris différemment, par exemple l'un de mes [*anciens] profs croit [*croyait ?] que c'est quelque chose d'ultra simpliste, alors que pas du tout (*par contre mon nouveau prof de géographie physique ce semestre septembre-décembre 2019, a une approche complètement déterministe, et une grande pédagogie explicative, ce qui va facilement ensemble selon moi]. J'ai d'ailleurs trouvé une discussion très intéressante sur tout ça : http://atheisme.free.fr/Votre_espace/Livredor_determinisme.htm
Le passage le plus intéressant selon moi est le message de Crovax du 02/07/2005, sur la liberté, la morale, la justice. Une erreur habituelle qui en résulte est de se mettre à penser que "tout est déjà joué d'avance" et qu'on a "rien à faire" : justement cela va nous impacter et nous faire agir différemment (sous-entendu de si ce n'était pas le cas),
[*et là le texte d'époque s'arrêtait en pleine phrase comme ça, désolé ; bon j'espère que vous aurez compris l'idée en question]

Vesporium   -   2019-09-13 - 23:47
Texte sur mes Recherches pour le(s) Projet(s) de Société(s) : Partie 2
Ainsi, si on considère donc des organisations, leurs objectifs (voire leurs raisons d'être) se définissent normalement par leurs membres, pour avoir des conséquences bénéfiques. Je pars du principe que « Chacun fait ce qui est bon pour lui et selon lui » (citation de Science4All, dans l'épisode 9 https://www.youtube.com/watch?v=jxsx4WdmoJg&list=PLtzmb84AoqRSmv5o-eFNb3i9z64IuOjdX&index=9 de sa série sur la démocratie https://www.youtube.com/watch?v=fBYCoPAmpr4&list=PLtzmb84AoqRSmv5o-eFNb3i9z64IuOjdX). Une méthode très utilisée est le contractualisme, pour chaque organisation on fixe des règles censées éviter le rapport de force, et on laisse les individus accepter celles qu'ils préfèrent, qu'ils estiment être les plus adaptées à leur situation et à leurs objectifs, méthode classique particulièrement libérale. De manière générale, j'ai l'impression (je vais me risquer à parler économie) que le modèle libéral (attention au sens du mot, rien à voir avec capitaliste) est un peu utopique, car dans les faits les individus n'ont pas toujours un vaste choix, manquent d'information, de temps, il y a un problème de ressources... La concurrence libre et non faussée (pure et parfaite ?) notamment n'est pas une mauvaise idée en soi, mais nécessite une offre (quasi-)infinie et une demande (quasi-)infinie, ce qui ne semble pas être les conditions actuelles. Pour conclure cette partie, si un individu accepte un contrat, ce n'est pas parce qu'il le trouve "bien", "juste", "efficace" ou "adapté", mais c'est car il considère que sur l'ensemble des options possibles et dans ses conditions, c'est la meilleure solution, pour ses objectifs. Et beaucoup ont tendance à l'oublier. Donc comme je le disais pour les élections et les référendums, on essaye d'utiliser son vote (en tout cas c'est comme ça que je le vois) pour aller vers ce qu'on considère comme le sens positif (à ne pas négliger non plus l'effet du vote sur soi-même). Il ne s'agit ainsi donc absolument pas d' "approuver" untel ou untel (c'est d'ailleurs selon moi le problème du vote par approbation), ni de dire ce qu'on pense (en tout cas avec les modes de scrutin actuels). Et donc non, les gens n'ont pas pu « fai[re] savoir ce qu'il[s] voulai[en]t, ou plus exactement ce dont il[s] ne voulai[en]t plus », d'autant plus qu'on ne nous a jamais vraiment demandé en fait. Enfin, à part sur le terme "peuple", je suis bien sûr d'accord à titre personnel avec la suite de cette citation de Léon.

Vesporium   -   2019-09-13 - 23:38
Texte sur mes Recherches pour le(s) Projet(s) de Société(s) : Partie 1
Au début (avant mes premiers messages de juillet 2018) de mon ébauche de "philosophie politique" (parce que c'est ça au fond) j'ai commencé par ce que j'ai appelé l'"impactment" (néologisme), axé en priorité sur comment éviter le mauvais "impactment", c'est-à-dire pour l'individu de ne pas subir les conséquences considérées comme mauvaises, en particulier celles dont on n'y est "pour rien" et donc dont a aucun moyen de les empêcher.
Je suis parti avant tout de l'individu, c'est lui qui peut être ainsi mal impacté, et cela justement car comme je l'ai déjà répété c'est lui qui a une volonté, et ce pour des raisons purement techniques, biologiques, physico-chimiques. De ce point de vue, les groupes, les organisations (dont les états) sont des constructions artificielles, qui sont censés avoir des conséquences positives pour des individus (directement et/ou indirectement). C'est donc pour cette raison que "La Voie serait dans le cadre démocratique", imposer un projet de société auquel une partie massive de la population s'oppose fermement (ce qui devrait normalement exprimer qu'elle le considère comme ayant de mauvaises conséquences pour elle) n'irait pas dans ce sens. D'autant plus que c'est quand même beaucoup plus difficile de gouverner en ayant la population massivement contre soi. C'est pourquoi il vaut mieux selon moi convaincre rationnellement (agrémenté d'exemples, ce que je reprendrai plus tard), et comme je l'ai déjà dit "arriver à des propositions par des justifications rationnelles voire des démonstrations, à l'opposé de l'actuel bricolage d'Etat".

Vesporium   -   2019-09-13 - 23:32
Texte sur mes Recherches pour le(s) Projet(s) de Société(s) (présentation+introduction)
Je poste (normalement en 8 parties) l'état actuel de mon texte sur mes recherches pour le(s) projet(s) de société(s). Tous mes ajouts d'aujourd'hui sont introduits par * entre crochets :
------------------------------
Bonjour Léon, bonjour Denis_B, et bonjour à tous,

Je réponds donc enfin sur le(s) projet(s) de société. Mon texte va être très différent de celui que j'avais préparé (mais perdu car non enregistré) il y a plusieurs mois, en se voulant bien plus théorique et global (et beaucoup plus long !).
Je rappelle le contexte (pour les autres visiteurs) : à la suite de discussions dans le forum légitimité démocratique puis sixième république, nous en sommes venus à aborder le thème du/des projet(s) de société(s), avec notamment :
« Mais de votre côté, que répondriez-vous à la question : que demande le peuple ?
(Mais finalement que demande le peuple ? La lumière, vraiment ? Sur le forum "Médias") Et sur le forum "Projet de société", dites-moi quel est le nôtre, si des fois vous en voyez un, un qui tienne la route bien évidemment. » Léon 65, 07/08/2018 (forum Légitimité Démocratique)
« D'autre part j'aimerais que vous nous parliez de notre projet de société. En avons-nous un ? Si oui lequel ? (voir forum "Projet de société") » Léon 65, 13/10/2018 (forum Légitimité Démocratique)
« Je ne pense pas qu'il suffise de changer de Constitution ou de rendre leur légitimité démocratique à ceux qui nous gouvernent pour régler tous ces problèmes. J'ai longuement échangé sur ce sujet avec Vesporium, il y a longtemps que je dis que nous n'avons aucun projet de société » Léon, 03/12/2018 (forum Sixième République)
« Cependant une meilleure représentativité des citoyens permettrait déjà de vérifier si la majorité des Français […] se retrouve dans un autre projet de société. » Pierre Tourev, 05/12/2018 (forum Sixième République)
« Maintenant il nous reste à imaginer ce projet de société. Un projet qui tienne évidemment la route, […] je veux dire, un projet qui tienne réellement compte des limites, des lois de la nature et de la physique. » Léon, 07/12/2018
« J'attends moi aussi vos réponses à Léon concernant le(s) projet(s) de société(s) » Denis_B, 08/12/2018 (forum Sixième République)
J'ai fait une grosse partie pendant les vacances de décembre 2018, et je l'ai complété/terminé récemment [*mars 2019], je l'ai ordonné dans un ordre parfois logique/thématique globalement chronologique.
[*Après un dernier relancement par Léon 65 il y a quelques jours (début septembre 2019), je lui ai fait une rapide introduction et surtout je viens enfin de poster le texte.]

Léon 65   -   2019-07-24 - 12:42
BUSINESS AS USUAL !
Je constate que personne ne semble capable de nous dire quel véritable projet de société pourrait nous rassembler, nous faire rêver, nous sauver … Voilà donc ce qu'est notre "projet de société" : BUSINESS AS USUAL ! C'est le seul que nous soyons capables d'imaginer.

Les chiens aboient la caravane passe. Jusque là tout va bien !
Actuellement, la canicule, la sécheresse, les restrictions d'eau etc. Et puis le Tour de France, les jeux du cirque etc. Et puis les réformes qui se préparent, alors que tout le monde ou presque profite des vacances, de la plage etc. Et puis le CETA, et Greta à l'Assemblée, et on l'applaudit, et puis on en parle, on en fait la une, et on se bouffe le nez, avec d'un côté ceux qui la voient comme une icône et de l'autre ceux qui, pour X raisons, ne peuvent pas la voir en peinture. Et en même temps, ou presque, le discours d'un député, François Ruffin, à l'Assemblée, justement : "On va crever de chaud. On va crever tout court. On fabrique l’enfer sur Terre, avec les température de l’enfer. Je suis sûr que, le soir, nus, entre vos draps, dans le silence de vos consciences, vous êtes comme inquiets, angoissés pour vos enfants [etc. etc.]". Qu'à cela ne tienne, peu importe ce que peuvent raconter Nicolas, Greta, Ruffin, Pierre Paul ou Jacques, le CETA a été ratifié hier à l'Assemblée Nationale.
266 POUR et 213 CONTRE dont 9 "Marcheurs". Et 74 ABSTENTIONS, dont 52 "Marcheurs".
Pourtant j'imagine que leur premier de cordée, le Grand Ponte du "ni-ni", celui qui sait vers où il faut aller... (au fait "dis Papa c'est quand qu'on va où ?") bref j'imagine que notre "guide" a dû leur expliquer pourquoi cette nouvelle calamité "va dans le bon sens". Ben non, même là c'est le Grand N'importe Quoi.

Léon 65   -   2019-04-07 - 14:26
Imposer un projet de société ?
Dragan nous dit : "Quand on parle de projet de société, c’est déjà un choix qu’on veut nous imposer."

C'est qui "on" ? Qui donc aurait fait ce choix et voudrait nous l’imposer ? Et notre modèle actuel, ne nous a t-il pas été imposé, par hasard ? (un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, ou pas du tout ?) Sommes-nous réellement disposés à lui tourner le dos, au Système ? Rien qu'avec ça nous pourrions remplir des pages. Et après tout, pourquoi pas ? Si c’est pour la Bonne Cause... alors qu’on nous l’impose ce projet ! Oui mais, c'est qui "on" ? Et là on repart pour un tour.

Si je vous comprends bien, Dragan, votre projet de société serait une anarchie. A priori je suis partant, seulement je vois bien que l’anarchie ne peut mener au meilleur des mondes qu’avec des individus réellement libres. Notamment libérés de ces rapports de domination. Et là déjà, force est de constater que nous en sommes loin, très loin. Et nous savons qu’il faut du temps pour changer les mentalités. Or maintenant il y a urgence, à moins qu’il ne soit déjà trop tard. Je pense bien sûr à l'état de notre monde, cette pollution monstrueuse, non seulement celle de nos esprits mais celle de notre planète, je pense au dérèglement climatique, à la 6ème extinction massive etc. et au chaos qui se profile. Tout ce que nous pouvons espérer c’est que cette transition, qui n’aura rien à voir avec la fumeuse "transition écologique", soit le plus soft possible.

C’est pour ça qu’un véritable projet de société est plus que jamais indispensable et urgent. Afin de nous permettre de nous préparer à vivre avec nettement moins. Ce qui ne veut pas forcément dire, vivre plus mal, au contraire.

Je suis d’accord avec votre conclusion, selon laquelle la hiérarchie est à la base du déséquilibre social. Le biologiste Henri Laborit a expliqué toute l’importance du rapport dominant-dominé dans les relations humaines. L'occasion de le citer :

"Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change."

Là encore, force est de constater que ce genre de connaissances est loin d’être diffusée largement, peut-être parce que ça risquerait de mettre l’ordre établi en péril. L’Ordre Établi... mais au fait, par qui, et pour quoi ?

Le système actuel (capitalisme, néolibéralisme) repose évidemment sur ces rapports de domination, de plus il les valorise. Notamment en entretenant l’idée que chacun, grâce à son mérite, ses efforts, pourrait "réussir" (voire devenir président de la raie publique ou milliardaire). Ce qui non seulement est une énorme farce, mais qui plus est ne veut rien dire. Que veut dire réussir dans la vie ? Si c’est la Rolex à 50 balais, je suis fier d’avoir échoué. "Parce que je le vaux bien !"


Dragan   -   2019-04-06 - 15:47
Voici un projet de société
Quand on parle de projet de société, c’est déjà un choix qu’on veut nous imposer. Léon 65 déplore en fin de compte qu’il n’y ait plus de liant social entre nous et que nous soyons de plus en plus individualistes et qu’en définitive, on n’ait pour projet que de vouloir vivre.

A vrai dire, je comprends les 2 positions. Et je les partage. On balance entre les 2 et on entre en conflit avec nous-mêmes. Qui l’emportera ? Notre côté individualiste ou nos penchants altruistes et sociaux ? Tout vient de cette société qui a viré néolibéral et qui nous pousse, souvent malgré nous, à privilégier notre ego.

Pour moi, il faut sortir de ce néolibéralisme qui nuit, non seulement à l’humain mais à la planète entière. Et voilà une idée de projet de société : sortir du néolibéralisme. Oui, mais pour aller où ?

Partant de la base, on peut constater qu’il existe 2 modes de pensées : celui qui tend à structurer (et donc à hiérarchiser) et celui qui laisse la liberté de se déployer et qui sera donc de type anarchisant. Proposer un modèle, quel qu’il soit, est par définition hiérarchisant, alors que mettre en place simplement des mécanismes conduit, soit à une tyrannie (si les mécanismes sont trop contraignants), soit à ce qu’on pourrait appeler une « anarchie structurante » (s’ils permettent à l’ensemble des individus de les réguler).

Bon, dit comme ça, tout ça paraît un peu abscons. Mais avec un petit exemple, ce sera plus clair. Alors voilà :
Au départ, chaque individu d’une société est quelconque (c’est un lambda). Puis, à mesure qu’on la modélise, on crée des fonctions (des députés, des ministres, des secrétaires... et un président).
Autrement dit, on extrait de la somme de ces lambdas un petit nombre d’alpha, beta, gamma) qui auront une fonction de plus grande importance (si grande que les autres lambdas ne sont même pas mentionnés ; ils sont simplement le peuple ou, au mieux, les citoyens). En somme, le modèle, quel qu’il soit, crée l’élite d’un côté et la masse de l’autre.

Le RIC corrige, a priori, ce déséquilibre. Et, s’il est appliqué de manière stricte (que les représentants rendent compte des résultats de leurs négociations afin de laisser les citoyens choisir en dernière instance), on se rapproche d’un mécanisme anarchique structurant.
C’est un mécanisme, si on ne peut y déroger, il est anarchique si la hiérarchie entre les gens est gommée et il est structurant si le résultat conduit à une structure sociale cohérente.

Mais aussi performant et séduisant que puisse être le RIC, à lui seul, il ne suffit pas. Il faut également revoir la notion d’échanges commerciaux. Et cette idée-là est toute nouvelle. Il s’agit de mettre entre les mains de tous les lambdas le pouvoir d’agir sur le prix des produits et des services et sur la valeur des activités.

Comment y arriver ?
L'idée de base est qu'il n'y a pas un institut central émetteur de monnaie en créant des dettes qu'il faudra rembourser avec ou sans intérêts. Par contre, imaginons que chaque produit soit détenteur de sa propre valeur.

Le produit, dès qu'il est catalogué comme tel, dispose d'un compte en banque d'une valeur négative. L'acheteur paie le prix qui permettra au compte de se solder et de s'approprier l'objet (qui, du coup, ne sera plus un produit mais son bien). Par ce biais, personne ne s'enrichit en vendant le produit. L'argent de la consommation est juste consommé. Par ailleurs, indépendamment de ce mécanisme, mais selon le même principe, le travailleur a son compte en banque renfloué chaque mois de la somme de son salaire sans que cette somme ne provienne d'une quelconque transaction. L'argent est créé sur son compte aussi simplement que ça.

Partant de là, un certain nombre de règles sont à mettre en place pour pouvoir contrôler les choses et qu'il n'y ait pas (trop) d'abus. Par exemple, qui décide de ce que coûte un produit et qui décide de la valeur du travail ? Si c'est une personne centrale, on n'a rien gagné. Il faut que ce soit l'ensemble de la population. Mais là, on peut objecter avec raison que l'individu qui habite aux antipodes ne devrait pas avoir autant de poids que moi pour décider quel salaire j'accorde au boulanger de mon quartier. Il faut donc créer, d'une part, une notion de portée d'un produit ou d’un salaire (le salaire du boulanger a une portée locale, tandis que le prix de son pain en a une nationale) et d'autre part, une notion de  degré d'action (plus je suis concerné par la chose, plus mon degré d'action doit être fort).

On peut ainsi élaborer tout un mode de fonctionnement sans faire intervenir une quelconque hiérarchie. La hiérarchie est, selon moi, le début du déséquilibre social et la manière de distribuer l'argent en passant par différents échelons est le moyen de le creuser.



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