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Parlons donc du travail.

et des lieux communs du genre : "le travail est un devoir…"


léon65 - 2014-04-24 - 21:10



(Ce texte est extrait du forum : Travail)


Pierre Tourev a bien travaillé. Partant comme il se doit de l’étymologie du mot, puis des différents sens qu’on lui donne, traitant ensuite divers sujets tels que la division, le droit, le partage, le marché, etc. du travail, en passant même par le "vrai travail" de Sarko…
8 articles sur le travail ( 6 sur le socialisme), 57 propositions pour un monde meilleur.

Je me demande bien pourquoi les toupinautes n’ont pas plus à dire sur le travail. Pourtant le forum débute fort avec l’excellent texte de lemartien le 08/09/2010. Certes, ce n’est pas demain que nous serons débarrassés de ces lieux communs du genre : "le travail est un devoir… regardez les voisins, ils s’en sortent mieux, ils travaillent 50 h par semaine, eux…". Casser les idées reçues, décoloniser son imaginaire… Que de travail !

Ceci dit, je ne pense pas que les Français soient aussi passionnés par le travail qu’on veut bien le croire. Bien sûr il y a ceux qui s’y "éclatent", ceux pour qui leur boulot est toute leur vie. Mais peut-on dire alors qu’ils travaillent ? Qu’est-ce que leur travail a à voir avec celui de la caissière de chez Leclerc ? Normalement, nous devrions utiliser des mots différents pour parler de choses si différentes, non ? Alors parlons de cette chose que la majorité connaissent, cette corvée dont nous nous passerions volontiers, cette chose qu’on nomme le turbin, le chagrin… On nous rabâche que les gens veulent du travail, on nous les montre parfois manifester pour sauver leurs emplois… En 1880, Paul Lafargue dans son célèbre Droit à la paresse commençait par ces mots : "Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste… Cette folie est l’amour du travail." 130 ans plus tard, il semble que la situation a quelque peu changée. Osons le dire, ce n’est pas du travail dont veulent les gens avant tout. Ce qu’ils veulent, c’est remplir le caddy ! L’amour de la consommation a remplacé l’amour du travail. Ce n’est pas mieux, certes. Mais comme il faut de l’argent pour remplir ce satané caddy, qui n’est jamais assez gros, à moins d’être rentiers les consommateurs sont bien obligés d’aller se vendre. Et comme ça ne paie généralement pas assez, ils acceptent volontiers le "travailler plus…" quand ils n’ont pas recours à la débrouille ou à la magouille. Parce qu’aujourd’hui, ne pas pouvoir consommer semble être la pire des choses. Cet état de permanente frustration de ne pouvoir se payer le dernier gadget imposé par la pub finira par troubler l’ordre public, je vous le dis ! Heureusement que nous avons les distractions à la télé et les jeux. Du pain (junk-food) et des jeux, pour ça nous sommes servis ! La Française des Jeux se porte bien en ces temps de crise. Souvenez-vous, il y a encore trente ans le rêve du petit joueur du loto était de gagner le gros lot pour arrêter de travailler et se la couler douce. Aujourd’hui semble t-il, le rêve de ces accros du grattage est de gagner quelques centaines, voire milliers d’euros, afin de pouvoir acheter un quelconque truc qui les fait saliver. Quelle misère ! Rassurez-vous, je n’oublie pas l’autre misère, celle de ces gens qui bossent, ou pas, et qui ne parviennent pas à vivre dignement. Cette misère qui devrait tous nous révolter, mais que toutefois nous acceptons...

Quant à cette théorie qui assure que c’est la croissance qui crée des emplois, lesquels boostent la précédente, qui fait progresser le social… plus personne ne semble y croire. Et pour cause, il y a longtemps que l’expérience l’a invalidée. Ça ne fait rien, nos "experts" persistent, fidèles à la célèbre devise Shadok qui dit "Plus ça rate, plus il y a de chances de réussir." On continue donc de pomper…


léon65, 2014-04-24


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