L'actualité à petite dose
Dans un foisonnement de "médias" et de fake news
ou comment rester informé sans danger pour sa santé mentale
Cette page a pour but de donner quelques pistes pour répondre à la question :
Comment prendre connaissance efficacement de l'actualité :
- sans être gavé de publicités,
- sans être submergé par des flots d'informations anxiogènes,
- sans être manipulé par les émetteurs de fausses informations,
- sans risque pour sa santé mentale.
Avec le développement du numérique, d'Internet, des plates-formes d'information, des réseaux sociaux, de l'intelligence artificielle générative, nous disposons maintenant d'une infinité de façons d'être informé sur ce qu'il se passe dans notre ville, dans notre région, en France, en Europe ou dans le monde. Il est difficile de s'y retrouver si l'on veut reprendre en main sa façon d'appréhender l'actualité.
La façon de procéder que je décris ici n'est qu'un avis personnel, une opinion. Chacun en fera ce qu'il voudra.
Des sources d'informations de qualité
Il me paraît indispensable de se limiter aux médias qui emploient de vrais journalistes, rémunérés pour leur travail et non à des "journalistes" amateurs en mal de clics et de nouveaux "followers", ou à des algorithmes.
Exit donc les réseaux sociaux et les influenceurs qu'il est préférable de fuir comme la peste. Une opinion n'est pas un fait avéré. Le développement de l'IA générative inonde les réseaux sociaux de fake news. Désormais, on ne sait plus ce qui est réalité ou fiction, sauf à dépenser beaucoup d'énergie à le vérifier.
Exit aussi ces flux d'actualités que l'on trouve sur les navigateurs ou les smartphones comme MSN News, Google Discover, Apple news, UpDay et autres agrégateurs. En effet, ils font défiler jusqu'à la nausée des fenêtres d'informations émanant de pseudo-médias, entrecoupées d'annonces sponsorisées (euphémisme pour dire publicités) elles-mêmes présentées comme des informations. Le seul but de ces médias est de capter notre attention avec des titres accrocheurs afin de faire de l'audience pour être rémunérés par la publicité ou par la vente d'informations sur nos préférences.
On peut distinguer plusieurs façons pour avoir affaire à de vrais journalistes :
- Accepter des cookies, regarder ou écouter de la publicité. C'est gratuit, mais à court terme seulement : publicités de plus en plus personnalisées, envies et désirs savamment suscités qui vont se transformer en nouveaux besoins et amputer d'autant notre pouvoir d'achat.
Exemples : les grandes chaînes privées de télévisions ou de radio, les chaînes d'information en continu.
- S'abonner à un média classique, papier ou en ligne. Le modèle économique repose sur un mixte d'abonnements et de publicités. La plupart de ces médias appartiennent à une poignée de milliardaires (Bolloré, Niel, Pigasse, Kretinsky, Dassault, Arnault, Saadé).
Exemples : Le JDD, Capital, Les Échos, Le Parisien, Le Point, L'Express, le Figaro, Libération, Marianne, Le Monde, etc.
Au mieux, il s'agit de faire des bénéfices, au pire d'influencer la politique en diffusant des idées ultralibérales, ultraconservatrices, voire d’extrême droite, en utilisant toutes les ficelles du marketing médiatique.
- S'abonner à un média indépendant. Les médias indépendants se caractérisent par leur transparence et leur autonomie. Leur modèle économique est basé sur les abonnements, les dons des lecteurs et peu ou pas de revenus publicitaires. Il leur permet de rester libres des pressions politiques ou économiques. L'indépendance ne signifie cependant pas la neutralité.
Exemples : Alternatives économiques, Le Canard enchaîné, L'Humanité, Médiapart, Natura Sciences, Politis, Reporterre, Rue89, etc.
- Choisir l'audiovisuel public. Il est financé en très grande partie par le budget de l'Etat (une fraction de la TVA depuis la suppression de la redevance télé). La pression publicitaire y est moindre que sur les médias classiques. Il se doit de délivrer des informations vérifiées et a un devoir de neutralité.
L'extrême droite le trouve trop à gauche et prévoit de le privatiser. L'extrême gauche lui reproche de donner la parole à l'extrême droite. "On est toujours à la gauche de celui qui est à notre droite et inversement", aurait pu dire Lapalisse.
Cependant, de France Info, comme de toutes les chaînes d'information en continu, on n'abusera pas.
Remarque : certains journalistes ont pris la mauvaise habitude de poser des questions fermées (qui limitent de nombres de réponses possibles, oui / non par exemple) et de ne pas faire l'inversion du sujet. Ce qui fait que la réponse est dans la question.
Exemple : "L'augmentation du prix des carburants est un handicap pour votre profession ?" Il aurait été préférable de demander "Quelles sont les conséquences de l'augmentation du prix des carburants pour votre profession ?" C'est peut-être la peur que la réponse soit "Aucune" ou trop longue pour le temps imparti.
Temps consacré à s'informer sur l'actualité
Il me semble d'abord nécessaire de se poser un certain nombre de questions :
- Qu'est-ce qui est important ? anecdotique ? utile pour moi ? du domaine de l'agitation médiatique (en recherche d'audience) ?
- Est-ce que je peux influer sur le cours d'un évènement ? Si oui, quand ? et comment ? Pétitions, manifestations, boycotts, votes...
- Ai-je besoin d'avoir un avis sur tout ? de connaître en détail l'avis de dizaines d'experts qui défilent à longueur de journée sur les médias lors d'interminables "Edition spéciale" ?
- Ai-je besoin de connaître tous les détails d'une affaire, d'un évènement, d'un fait d'actualité ? Une synthèse ne suffirait-elle pas ?
On peut avoir l'impression que plus on est informé, plus on pourra faire face aux évènements, mais, en fait, cela ne fait qu'accroître l'anxiété. Consacrer cinq à dix minutes, deux fois par jour pour se tenir informé de ce qui se passe sur Terre me paraît suffisant. Cela signifie donc qu'il n'est pas nécessaire de rester des heures devant les chaînes d'information en continu, encore moins lorsqu'elles sont en mode "Edition spéciale !", particulièrement anxiogènes. Il y a tellement de choses plus importantes à faire que les regarder assis sur son canapé.
Quant aux sujets que l'on souhaite approfondir
Je me contenterai de reprendre quelques conseils généraux et de bon sens que l'on trouve partout. Ils sont aussi valables dans la manière de s'informer sur l'actualité au quotidien.
- Diversifier les sources d’information ou les médias consultés,
- S'assurer de la crédibilité des sources et de la fiabilité des informations,
- Ecouter les différents points de vue et les argumentaires,
- Développer son esprit critique.
Pierre Tourev, 28/03/2026
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