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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Pangermanisme




Définition du pangermanisme


Etymologie : du grec ancien pan, tout, et du latin Germanicus, relatif aux Germains, à la Germanie, à l'Allemagne.

Le pangermanisme est une doctrine politique qui prône le regroupement de tous les peuples d'origine germanique, en une seule grande nation, sous une même autorité politique.

L'adjectif pangermaniste qualifie ce qui concerne le pangermanisme.

Le pangermanisme est un mouvement politique nationaliste de revendication territoriale apparu à la fin des guerres napoléoniennes avec pour objectif l'unité de tous les peuples germanophones d'Europe et la volonté de mettre en place la "Grande Allemagne".

Les origines intellectuelles du pangermanisme se retrouvent chez des penseurs comme Johann Gottfried von Herder (1744-1803), Johann Gottlieb Fichte (1762-1814), Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831), Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling (1775-1854), en réaction à la domination française et à l'éclatement du Saint-Empire romain germanique en 1806.

Les premières étapes de la constitution de la nation allemande eurent lieu dans la seconde moitié du XIXe siècle :
"Dans les années 1860, les deux plus puissants États germanophones étaient la Prusse et l'Autriche, et ces deux puissances cherchaient à étendre leurs territoires et leur influence. La structure multi-ethnique de l'empire autrichien était toutefois critiquée par des germanophones vivant à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières de l'empire. C'est pour affirmer sa multi-ethnicité que l'empire s'est redéfini comme l'Empire Austro-Hongrois. La Prusse, sous Otto von Bismarck, utilisa de son côté le nationalisme pour réunir l'ensemble du territoire qui forme l'Allemagne moderne. L'empire germanique, le Deuxième Reich, fut achevé en 1871 suite au couronnement de Guillaume Ier à la tête d'une union d'Etats germanophones." (Wikipédia)

Le pangermanisme, à proprement parler, prend forme dans les années 1890 avec l'émergence du parti appelé "Ligue pangermanique", extrémiste, mais resté très minoritaire, qui défend l'esprit de la race et influencera Adolf Hitler.

Dans son livre "La plus grande Allemagne" (1911), Otto Richard Tannenberg développe les thèses et les arguments pangermanistes.
"Quelle situation pitoyable que la nôtre, si l'on considère que pas moins de 25 millions d'allemands, c'est-à-dire 28 pour cent de la race, vivent au-delà des limites de l'empire allemand! C'est là un chiffre colossal, et un fait pareil ne saurait se produire dans un autre État quelconque sans susciter la plus vive indignation de tous les citoyens et l'effort le plus passionné pour remédier au mal sans plus attendre. (...) Qui pourrait empêcher 87 millions d'hommes de former un empire, s'ils en faisaient le serment ?"

Entre les deux Guerres mondiales, l'humiliation de l'Allemagne et l'éclatement de l'Empire austro-hongrois exacerbèrent le nationalisme allemand aboutissant à l'arrivée au pouvoir d'Adolphe Hitler qui appliqua une politique pangermaniste radicale afin de constituer une "Grande Allemagne" au cœur de l'Europe. Après le rattachement des Sudètes au IIIe Reich en 1938, le pangermanisme connut son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale avec le passage sous le contrôle du IIIe Reich des Autrichiens, des Alsaciens-Lorrains, des Allemands de Transylvanie et des Allemands de la Mer Baltique.

La défaite de 1945 mit un terme aux aspirations du pangermanisme qui devint un sujet tabou à cause de sa connotation nazie.




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