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Aliments ultra-transformés

Il est temps de faire passer la santé avant le profit



Note de lecture : thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)02322-0/fulltext


L'augmentation de la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) dans l'alimentation humaine nuit à la santé publique, favorise les maladies chroniques dans le monde entier et aggrave les inégalités en matière de santé.

Les UPF (Ultra-Processed Foods) sont identifiés par la présence d’additifs sensoriels qui améliorent la texture, la saveur ou l’apparence des aliments. Une consommation élevée d'UPF est associée à un risque accru d'obésité, de maladies cardiovasculaires et d'autres pathologies.

Les UPF sont rarement consommés isolément. C’est le régime alimentaire global à base d’UPF, dans lequel les aliments entiers et peu transformés sont remplacés par des alternatives transformées, et l’interaction entre de multiples additifs nocifs, qui entraine des effets néfastes sur la santé.

Les UPF font l’objet d’un marketing agressif et sont conçus pour être hyperpalatables, ce qui encourage une consommation répétée et remplace souvent le aliments traditionnels riches en nutriments. Dans de nombreux pays à revenu élevé, les UPF représentent environ 50 % de l’apport alimentaire des ménages, et leur consommation augmente rapidement dans les pays à faible et moyen revenu. Les dommages s’étendent à la santé de la planète.

Les mesures prioritaires comprennent l'ajout de marqueurs des ultra-transformés, tels que les colorants, les arômes et les édulcorants non sucrés, aux modèles de profil nutritionnel utilisés pour identifier les aliments malsains ; l’apposition obligatoire d’étiquettes d’avertissement sur le devant des emballages ; l'interdiction de la commercialisation destinée aux enfants ; la restriction de ces types d'aliments dans les institutions publiques ; et l'augmentation des taxes sur les UPF. La domination du marché et le pouvoir politique de l'industrie des UPF doivent également être combattus par une politique de concurrence plus stricte, en remplaçant l'autorégulation par une réglementation obligatoire et en luttant contre l’ingérence des entreprises.

L'équité doit être au cœur de la lutte contre les UPD. La consommation tend à être plus élevée chez les personnes confrontés à des difficultés économiques. Les efforts visant à abandonner les régimes alimentaires riches en UPF ne doivent pas aggraver les inégalités entre les sexes dans la cuisine ou l'insécurité alimentaire parmi les populations qui dépendent des UPF bon marché. La transformation des systèmes alimentaires nécessitera de réorienter les subventions agricoles loin des grandes entreprises transnationales. Au contraire, il convient de soutenir un large éventail de producteurs alimentaires afin qu'ils créent des aliments et des repas locaux, abordables, peu transformés, pratiques et attrayants pour les consommateurs. La taxation des UPF pourrait contribuer à financer des transferts en espèces pour l'achat d'aliments complets et d'autres aliments peu transformés, afin de protéger les ménages à faibles revenus.

L'industrie des UPF est emblématique d'un système alimentaire de plus en plus contrôlé par des sociétés transnationales qui privilégient le profit des entreprises au détriment de la santé publique. Il y a lieu de mettre en oeuvre immédiatement des politiques visant à relever le défi des UPF. Cela nécessite une réponse mondiale coordonnée et dotée de ressources suffisantes, avec des politiques globales et complémentaires qui s'attaquent aux pratiques néfastes des entreprises et brisent l'emprise de l'industrie des UPF sur les systèmes alimentaires mondiaux.


Marc, Note de lecture 53, 20/11/2025



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