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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Postdémocratie



Définition de la postdémocratie


Nota : à notre connaissance, il n'existe pas de définition de la postdémocratie dans les principaux dictionnaires. Celle-ci doit donc être considérée comme une ébauche.

Etymologie : du latin post, après, et de démocratie (du grec "dêmos", peuple, et "kratos", pouvoir, autorité).

La postdémocratie désigne, chez certains auteurs, l'avènement d'une nouvelle façon gouverner la société qui se substitue progressivement à la démocratie. Elle résulte du constat et de l'analyse, non pas d'une crise, mais d'une évolution inéluctable de la démocratie dont elle est issue mais qu'elle transcende. La postdémocratie prend la forme d'alternatives à la démocratie : démocratie participative, directe, associationnisme, forums, organisations fonctionnant en réseau...

Pour d'autres, ces propos, qui présentent sournoisement cette transformation comme irréversible, ont pour objectif de faire admettre aux citoyens la fin prochaine de la démocratie. Ils considèrent cependant que les partisans de la démocratie peuvent s'y opposer si l'opinion publique parvient à prendre conscience de cette évolution. L'exemple le plus significatif d'une telle victoire est le "non" au référendum de mai 2005 au TECE (Traité établissant une Constitution pour l'Europe) qui aurait conduit à une "postdémocratie" technocratique.

La mondialisation et l'Union européenne sont souvent présentées comme étant à l'origine de cette transformation de la démocratie :
  • Des choix politiques ne relevant plus de l'Etat-nation, mais d'instances supranationales.
  • L'instauration d'une gouvernance globale dirigée par des experts, des juges, des avocats, des membres d'ONG, des dirigeants d'entreprises multinationales, des hauts fonctionnaires...
  • La loi internationale devenant l'autorité suprême.
  • L'opacité de la prise de décision.
  • La marge de manoeuvre réduite pour la mise en oeuvre de la politique voulue par les citoyens.

Autres exemples d'évolution vers la "postdémocratie" :
  • L'appel à des experts pour traiter des questions considérées comme trop complexes pour le simple citoyen.
  • la banalisation de l'augmentation de l'abstention lors des élections.
  • L'élimination de la culture "qui dérange" par la culture du divertissement ("Du pain et des jeux !").
  • La concentration des médias et leur perte d'indépendance.
  • Des responsables qui jugent les citoyens. Ce fut le cas de M. Lionel Jospin, après le 21 avril 2002, demandant que l'on arrête de "se montrer complaisant à l'égard de ceux qui n'accomplissent pas leur devoir civique."

Le fondement de la postdémocratie est la différence de vision entre les citoyens qui veulent que leurs avis soient pris en compte par leurs gouvernants et les élites qui affichent de plus en plus ouvertement leur méfiance vis à vis de la souveraineté populaire.



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