"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique
Bonapartisme
Définition du bonapartisme
Le bonapartisme est un phénomène spécifiquement français qui a plusieurs significations :
- l'attachement au régime impérial instauré par Napoléon Bonaparte (1769-1821) et sa dynastie,
- les mouvements politiques qui cherchent à mettre à la tête la France un membre de la famille Bonaparte,
- les pratiques politiques, économiques, sociales et culturelles en vigueur sous le Premier et sous le Second Empire,
- l'action politique de ceux qui veulent poursuivre ces pratiques après la chute du l'Empire en 1870.
Le bonapartisme se manifeste aussi par un parti politique, le Comité Central Bonapartiste, qui, en Corse, défend le souvenir de la famille Bonaparte.
Historiquement le bonapartisme s'oppose aux légitimistes et aux orléanistes par son mépris des hiérarchies naturelles et des élites traditionnelles. Il prend à son compte les acquis socio-économiques de la Révolution et l'organisation d'un État centralisé né du jacobinisme
Au sens large, le terme bonapartisme reprend le concept créé par Karl Marx (1818-1883) dans son analyse du coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte. Il est utilisé pour désigner une forme de gouvernement autoritaire, centralisé, qui s'appuie sur l'adhésion populaire, notamment au moyen du plébiscite pour faire ratifier sa légitimité.
|
Le mode de gouvernement de Nicolas Sarkozy est parfois qualifié de bonapartisme. Il s'agit d'une variante moderne que l'on pourrait qualifier de bonaparkozysme.
"Cette élection présidentielle pourrait bien être le triomphe absolu du bonapartisme, cette culture politique dont la France ne parvient décidément pas à se défaire. Nicolas Sarkozy en est l'incarnation à lui seul. Il résume jusqu'à la caricature la modernisation de cette "société du 10 décembre" qui fit le succès, en 1848, de Napoléon le Petit : déjà à l'époque, elle ajoutait de la violence symbolique et privée au monopole étatique de la force. Mais la postérité du bonapartisme va bien au-delà des personnes. Elle s'est forgée dans et par les institutions ; pas tant dans l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct que dans la concentration exceptionnelle de tous les pouvoirs en ses mains. De ce point de vue, l'histoire de la Ve République restera celle d'une accumulation progressive de puissance d'une seule autorité au prix de la dévitalisation des moindres contre-pouvoirs. Même celui que les journalistes avaient construit est en train de produire par connivence ou servitude volontaire une nouvelle oligarchie."
Paul Allies, professeur de sciences politiques à l'université de Montpellier - article "Le triomphe du bonapartisme" - journal Libération du 7 mai 2007
|
Accueil
Dictionnaire
Haut de page
|