La Toupie  >  Dictionnaire  >  Monnaie locale complémentaire

"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Monnaie locale complémentaire



Définition de monnaie locale complémentaire


Une monnaie locale complémentaire ou monnaie locale ou monnaie complémentaire est une monnaie parallèle qui n'émane pas d'un gouvernement national et qui est destinée à être échangée exclusivement dans une zone géographique limitée. Elle fonctionne en complément de la monnaie nationale.

Ses objectifs sont : Une monnaie locale complémentaire n'a pas cours légal et ne peut faire l'objet de spéculation. Certaines d'entre elles peuvent être fondantes, c'est-à-dire perdre une partie de leur valeur au fil des mois, ce qui favorise la circulation de l'argent. En effet, l'objectif est d'accélérer les échanges au niveau local pour en faire bénéficier l'économie réelle (soutien à l'emploi, frein aux délocalisations).

Chaque projet de monnaie locale complémentaire a ses spécificités, comme par exemple :
  • favoriser le lien social,
  • promouvoir une autre forme de consommation (par ex : protéger les ressources naturelles)
  • favoriser le fonds de roulement des entreprises,
  • donner accès à davantage de biens sociaux.
Hormis en Argentine et en Suisse, le poids des monnaies locales complémentaires a toujours été marginal dans l'économie globale. Elles rencontrent un succès plus particulièrement en période de crise en permettant à l'économie locale de continuer à fonctionner et aux particuliers de satisfaire leurs besoins les plus basiques.

L'environnement économique des monnaies locales est la "banque libre" créée par des chambres de commerce, des municipalités, des associations, des entreprises, et/ou des commerçants. Son utilisation pour produire une monnaie de rechange à l'usage d'une communauté remonte au moins aux coopératives d'épargne et de crédit allemandes, dans les années 1800.


Quelques exemples de monnaies locales complémentaires :
  • Wörgl (Autriche) pendant la Grande Dépression de 1932 à 1933 ;
  • La Banque WIR (Suisse) fondée en 1934, fonctionnant encore et contribuant à la stabilité de l'économie en temps de crise ;
  • Argentine où de nombreuses monnaies locales sont apparues lors de la crise économique du début des années 2000 ;
  • Brésil : Le Palmas ;
  • Autriche : Le Chiemgauer ;
  • Les LETS (Local Exchange Trading System), Canada et Royaume-Uni ;
  • La livre de Lewes (Angleterre) ;
  • En France (liste non exhaustive) :
    • L'Abeille, à Villeneuve-sur-Lot,
    • Le Déodat, à Saint-Dié des Vosges,
    • La Luciole, Sud Ardèche
    • La Mesure, à Romans-sur-Isère.
    • La Roue, en Vaucluse,
    • Projet SOL, monnaie solidaire dématérialisée (supports électroniques seulement).

En France, les monnaies locales complémentaires s'inscrivent dans le cadre légal du Code monétaire et financier. Leur légalité résulte du fait qu'il ne s'agit pas de création réelle de monnaie, mais d'une substitution momentanée de la monnaie nationale de référence.


Principales critiques faites aux monnaies locales par leurs opposants :
  • elles nuisent aux économies d'échelle et à l'avantage compétitif,
  • elles peuvent servir de moyen d'évasion fiscale, TVA notamment.



Accueil     Dictionnaire     Haut de page